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Grammaire de l’allemand de A à Z

131 thèmes dans 16 domaines. Chacun a un niveau, une explication en français, des phrases d’exemple traduites, le piège propre à ceux qui parlent français et ses propres exercices.

En parcours, numérotéEn carte : les temps sur une frise

Alphabet et prononciation

5 thèmes · A1

Lettres, sons et accent tonique.

Temps et subjonctif

15 thèmes · A1–B2

Présent, passé composé, prétérit, plus-que-parfait, futur, subjonctif I et II.

Verbes : modaux et passif

24 thèmes · A1–B2

Verbes forts, particules séparables, impératif, verbes de modalité, passif.

Cas, articles, noms, adjectifs

52 thèmes · A1–C2

Les quatre cas, genre et pluriel, articles, pronoms, adjectifs, prépositions.

Construction de la phrase

24 thèmes · A1–C1

Place du verbe, questions, subordonnées, négation.

Style et orthographe

11 thèmes · A1–C1

Particules modales, formation des mots, du et Sie, majuscules, virgule.

Alphabet et prononciation

Alphabet et prononciation

5 thèmes

L'allemand s'écrit bien plus régulièrement que le français : une fois les règles connues, tu peux lire à voix haute un mot jamais vu. Les lettres sont les mêmes, plus ä, ö, ü et ß, mais plusieurs d'entre elles ne se lisent pas comme en français : u se dit « ou », w se dit « v », z se dit « ts », le h s'entend et la dernière lettre d'un mot se prononce presque toujours. Et il n'y a aucune voyelle nasale. Ce chapitre passe en revue l'alphabet, les voyelles, les consonnes qui piègent un francophone et l'accent tonique. Il vaut la peine d'être lu en premier : chaque mot du reste du site se retient mieux quand on l'entend correctement dans sa tête.

Temps et subjonctif

Les temps

9 thèmes

L'allemand a six temps sur le papier et un jeu bien plus réduit à l'oral. Le présent couvre le présent et presque tout le futur. Le Perfekt couvre presque tout le passé. Le Präteritum s'écrit plus qu'il ne se parle, sauf pour une poignée de verbes qui le gardent aussi à l'oral. Un francophone cherche ici la différence entre « je l'ai vu » et « je le vis » et ne la trouve pas : Ich habe ihn gesehen est les deux, et c'est la phrase française qui tranche, pas l'allemande. Renoncer tôt à cette attente épargne beaucoup de peine.

Le subjonctif allemand

6 thèmes

Un francophone arrive ici avec un subjonctif qu'il emploie après « bien que » et « il faut que », et il faut dire tout de suite que l'allemand s'en sert autrement. Le Konjunktiv II est l'irréel et la politesse — « si j'avais le temps, je viendrais » — et il y a là une différence de mécanique : le français emploie deux formes différentes dans les deux moitiés, imparfait puis conditionnel, tandis que l'allemand emploie la même dans les deux. Le Konjunktiv I, lui, n'a aucun équivalent : c'est une forme qui marque une phrase comme dite par un autre sans prendre position sur sa vérité, et le français règle cela avec « il a dit que » et l'indicatif. Bonne nouvelle en revanche : la politesse fonctionne exactement pareil, car « je voudrais » est ich hätte gern.

Verbes : modaux et passif

Le verbe : présent et radical

11 thèmes

Un présent français a six formes et, à l'écrit, cinq ou six terminaisons dont plusieurs ne s'entendent pas. L'allemand a six formes et quatre terminaisons distinctes, toutes audibles, et ce sont les mêmes quatre sur presque tous les verbes de la langue : après quinze jours on n'y pense plus. Ce qui demande de l'attention est ailleurs. L'allemand n'a pas de forme progressive, et il n'a pas non plus les trois groupes de conjugaison du français — la difficulté n'est pas dans le nombre de modèles mais dans deux verbes irréguliers, sein et haben, qui servent deux fois : comme verbes et comme machinerie du passé. Et il existe une famille de verbes dont le préfixe part à la fin de la phrase, ce dont le français n'offre aucun modèle.

Les verbes de modalité

7 thèmes

L'allemand a six verbes de modalité — können, müssen, dürfen, sollen, wollen, mögen — et leur mécanique est celle du français : le modal se conjugue, le verbe principal reste à l'infinitif. Deux choses diffèrent. L'infinitif part à la fin de la phrase et ne prend rien devant lui : là où le français dit « je commence à comprendre » ou « j'essaie de dormir », l'allemand ne met ni zu ni quoi que ce soit après un modal. Et la conjugaison a une irrégularité qui surprend : les formes de ich et de er sont identiques et sans terminaison. Reste un partage que le français fait autrement : müssen nié n'interdit rien — il dit que ce n'est pas nécessaire —, et l'interdiction se dit nicht dürfen.

Le passif

6 thèmes

C'est le chapitre où le français est le moins bien armé des quatre langues romanes de ce site. « La porte est fermée » veut dire deux choses : quelqu'un est en train de la fermer, ou elle est close depuis un moment. L'espagnol et le portugais tranchent avec « ser » contre « estar », l'italien avec « venire » contre « essere » ; le français n'a que « être » et laisse l'ambiguïté. L'allemand, lui, tranche : Die Tür wird geschlossen est le processus, Die Tür ist geschlossen est l'état. Il faut donc apprendre ici une distinction, et non en transposer une. Le reste est de la mécanique : werden porte le temps, le participe ne bouge jamais, et au Perfekt on écrit worden et non geworden.

Cas, articles, noms, adjectifs

Les quatre cas

9 thèmes

Le français ne marque le cas que sur les pronoms : il et « le », « lui » et « le », « qui » et « que ». Partout ailleurs, le rôle d'un nom dans la phrase se voit à sa place et à la préposition. « Le chien mord l'homme » et « l'homme mord le chien » emploient les mêmes mots et disent le contraire, et la seule différence est l'ordre. L'allemand marque le rôle sur l'article, et ayant marqué, il peut se permettre de déplacer le nom. C'est tout l'échange, et il vaut la peine de le dire clairement dès le début : il y a quatre cas pour que l'ordre des mots puisse porter l'insistance au lieu de la grammaire.

Le nom : genre, pluriel, composés

9 thèmes

Le français demande une chose au moment d'apprendre un nom : le genre, et il n'y en a que deux. L'allemand en demande deux — lequel des trois genres et laquelle des neuf terminaisons de pluriel — et ni l'un ni l'autre ne se déduisent du mot de façon fiable, donc tous deux s'apprennent avec lui. La bonne nouvelle est à la fin de cette section : l'allemand fabrique des noms nouveaux en collant des anciens, sans trait d'union et sans limite, si bien qu'un lecteur capable de démonter un mot long peut lire des mots que personne ne lui a appris.

Les articles

7 thèmes

Le français a quatre articles définis et trois indéfinis, et ils varient en genre et en nombre. L'allemand a deux séries de seize cases chacune, parce que c'est dans l'article que vit le système des cas. Ce n'est pas un ornement devant le nom : c'est son étiquette grammaticale. Les deux séries diffèrent sur un point instructif. L'article défini marque chaque case assez nettement pour être lu ; l'indéfini a trois cases sans aucune terminaison — ein Mann, ein Kind — et c'est précisément ce vide qu'un adjectif vient combler. Apprendre là où ein ne dit rien, c'est donc aussi apprendre pourquoi les terminaisons d'adjectif existent.

Les pronoms

9 thèmes

Les pronoms sont le seul endroit où le français distingue encore la fonction par la forme : « il » et « le », « elle » et « lui ». Les pronoms allemands font la même chose aux quatre cas, ce qui en fait l'entrée la plus facile dans le système des cas : l'idée est déjà familière et seul le nombre de formes est nouveau. Deux pronoms n'ont pas d'équivalent direct et méritent l'attention. Man est un sujet impersonnel parfaitement neutre, que le français rend par « on ». Et es apparaît comme un simple bouche-trou dans toute une famille de constructions où le français dit « il » impersonnel, « il y a » ou rien du tout.

Les adjectifs

10 thèmes

Le français accorde l'adjectif avec le nom partout et toujours : « la maison jolie », « la maison est jolie ». L'allemand répartit cela d'une façon qui paraît d'abord inversée. Après sein l'adjectif ne prend absolument rien — Die Wohnung ist teuer, sans marque de genre ni de nombre — et devant un nom il prend bien une terminaison, mais cette terminaison ne dépend pas seulement du nom : elle dépend de ce qui se tient devant l'adjectif. Le principe est neuf et simple : l'adjectif dit ce que l'article n'a pas dit. Et il y a une simplification appréciable : l'allemand n'a pas de « -ment ». Le même schnell sert pour « rapide » et pour « rapidement », sans rien ajouter.

Les prépositions

8 thèmes

En français une préposition n'est qu'un mot : « avec la table », « sans la table », « pour la table » — la table ne bouge pas. En allemand chaque préposition commande un cas, et ce cas change l'article qui suit. Apprendre mit, ce n'est pas apprendre un mot mais un mot et un cas ; qui n'apprend que le mot devra tout reprendre plus tard. S'y ajoute une répartition que le français fait avec « à » et l'allemand avec quatre mots : « je vais à Berlin », « je vais chez le médecin », « je vais en ville » et « je vais à la poste » donnent nach, zu, in et auf. En revanche le français distingue déjà « sur la table », « au mur » et « dans la ville », et il possède « chez », qui est exactement bei — deux avantages que les autres langues romanes n'ont pas.

Construction de la phrase

L'ordre des mots

8 thèmes

L'ordre des mots allemand a une réputation de liberté qu'il ne mérite pas. Une position est absolument fixe : le verbe conjugué est le deuxième élément d'une principale. Tout le reste bouge, et il bouge pour des raisons — ce qui est déjà connu vient tôt, ce qui est neuf vient tard. Presque toutes les fautes d'ordre que fait un francophone viennent d'une seule habitude : garder le sujet en tête parce que le français l'y garde toujours. « Demain je pars » ne déplace rien ; l'allemand, lui, doit déplacer, et le sujet passe derrière le verbe. Reste une seconde différence, purement mécanique : le matériel verbal — participe, infinitif, particule — s'en va à la fin de la phrase, là où le français le colle à l'auxiliaire.

Les subordonnées

10 thèmes

Une subordonnée allemande fait deux choses que le français ne fait pas. Elle prend toujours une virgule — « je crois qu'elle a raison » n'en a pas, Ich glaube, dass sie recht hat en a une — et elle envoie le verbe conjugué à la toute dernière place, derrière tout le reste. L'ordre interne d'une subordonnée française est celui d'une principale, donc il n'y a rien à transposer : c'est une construction neuve à apprendre. En revanche, trois répartitions tombent juste toutes seules, parce que le français les fait pareil : um … zu contre damit, c'est « pour » contre « pour que » ; trotz contre obwohl, c'est « malgré » contre « bien que » ; et denn contre weil, c'est exactement « car » contre « parce que », avec la même impossibilité de précéder la principale. Ce qui manque, c'est une distinction : le « si » français couvre à la fois ob et wenn.

La négation

6 thèmes

Le français est ici mieux préparé qu'il ne le croit. Il possède déjà deux négations : « ne … pas » pour tout le reste et « ne … pas de » devant un nom indéfini — « je n'ai pas de temps ». C'est exactement le partage allemand entre nicht et kein, et il vaut la peine de le reconnaître tout de suite. Il possède aussi « si », qui est doch et qu'aucune autre langue romane de ce site n'a. Deux choses divergent en revanche. Le français encadre le verbe et fixe donc la place de la négation ; l'allemand place nicht tard, et cette place dit combien on nie. Et le français empile — « je n'ai vu personne » a deux éléments négatifs — là où l'allemand n'en admet qu'un.

Style et orthographe

Style, orthographe et nuances

11 thèmes

Ce qui reste à la fin n'est pas difficile, c'est invisible. Les particules modales — doch, mal, ja, eben — ne veulent rien dire dans un dictionnaire et décident si une phrase est un ordre ou une invitation ; le français fait exactement le même travail avec « donc », « un peu » et « quand même », si bien qu'on part ici avec une longueur d'avance sur presque tout le monde. La formation des mots aide autant : -ung est « -tion », -heit et -keit sont « -té », et dans les deux langues ces suffixes donnent des féminins. Restent trois systèmes qui tournent à l'envers : les nombres sous cent, l'heure avec halb, et la majuscule de tous les noms.

B2Les particules modalesDes mots sans entrée utile au dictionnaire, qui changent ce que la phrase est en train de faire. B2La formation des motsUne racine, un préfixe et un suffixe — et un mot que personne ne t'a appris devient lisible. B1Connecteurs : deshalb, trotzdemDes adverbes qui relient deux phrases et occupent la première place, si bien que le verbe passe devant le sujet. A2Tutoyer ou vouvoyer : du et SieL'allemand oblige à choisir un degré de politesse dans chaque phrase adressée à quelqu'un. A1Nombres, dates et heuresTrois systèmes réguliers, et chacun tourne dans l'autre sens que le français. B1Les majusculesL'allemand met une majuscule à tous les noms — et le difficile est de décider ce qui compte comme nom. B1La virguleLes virgules allemandes sont grammaticales et non rythmiques : une frontière de proposition en prend une, que l'on respire là ou non. A1Écriture et prononciationL'orthographe allemande est presque régulière : un mot écrit dit comment il se prononce — une fois huit règles connues. B1Les connecteurs en deux parties : entweder … oder, weder … nochCinq paires qui encadrent deux alternatives ou deux ajouts — et la première moitié décide de l'ordre quand elle ouvre la phrase. C1Style nominal et style verbalL'allemand écrit range des propositions entières dans des noms ; le lire et le déplier sont une seule et même compétence. C1Les locutions verbales : zur Verfügung stellenUn nom porte le sens, un verbe délavé porte la grammaire — et la paire est figée.