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Formation des mots en allemand : préfixes et suffixes

Un vocabulaire grandit de deux façons. L’une consiste à apprendre de nouveaux mots — c’est la lente. L’autre, ce sont les 46 éléments de cette page : avec un mot et quelques-uns d’entre eux, on a toute une famille.

Les suffixes comptent plus que les préfixes, pour une raison qu’on lit rarement : ils indiquent la nature du mot. Grâce à eux, on situe un mot inconnu dans la phrase avant de savoir ce qu’il veut dire.

Ce qui nie

Non, sans, libre de, de travers — et l’allemand emploie un- là où le français répartit entre « in- », « dé- » et « mal- ».

ÉlémentSensExemples
un-non ; le contraire de (comme « in- », « dé- »)unfreundlich, unhöflich, unsicher, ungeduldig, unehrlich
Le français partage ce travail entre « in- », « dé- », « mal- » ou un autre mot ; l’allemand le confie presque entièrement à un- : unehrlich « malhonnête », ungeduldig « impatient », unhöflich « impoli », unfreundlich « désagréable, peu aimable ». Devant un nom, il peut signifier « mauvais » plutôt que « non » : das Unwetter est une intempérie, das Unkraut la mauvaise herbe.
-lossans ; dépourvu dekostenlos, arbeitslos, hilflos, mutlos, kabellos
Le français dit souvent « sans » ou prend un autre mot : hilflos « sans défense », kabellos « sans fil », arbeitslos « au chômage ». Attention au s de arbeitslos : le mot vient de die Arbeit, et ce s n’appartient à aucune des deux parties. kostenlos veut dire « gratuit » et rien d’autre ; « libre », comme dans une soirée libre, se dit frei.
-freilibre de quelque chose d’indésirable ; « sans »laktosefrei, steuerfrei, alkoholfrei, barrierefrei, rauchfrei
Là où le français dit « sans » (sans lactose, sans alcool) ou « exonéré de », l’allemand colle -frei au nom. -los et -frei veulent dire tous deux « sans », mais ils regardent la chose de deux côtés opposés : -los constate un manque (arbeitslos, hilflos), -frei l’absence de ce qu’on ne voulait pas (steuerfrei « exonéré d’impôt », rauchfrei « non-fumeur »). C’est pourquoi la bouteille porte alkoholfrei. barrierefrei veut dire « accessible », sans marche ni obstacle.
miss-mal, de travers ; raté (comme « mé- », « mal- »)missverstehen, Missverständnis, Missernte, Misserfolg, misstrauen
Proche du « mé- » de « méprendre » et de « mésentente », et comme tous les préfixes inséparables, il ne prend pas ge- : missverstanden, misstraut. misstrauen est d’ailleurs « se méfier ». Devant un nom, il signale souvent un échec plutôt qu’une erreur : die Missernte est une mauvaise récolte, der Misserfolg un échec. S’écrit avec ss ; les textes anciens portent miß-.
nicht-non- : une catégorie neutre, sans jugementNichtraucher, Nichtschwimmer, Nichtwissen, Nichteinhaltung
C’est le « non- » de « non-fumeur » : il nomme un groupe sans le juger. Le français met un trait d’union, l’allemand soude : der Nichtraucher. Avec un-, un nom porte souvent un jugement : ein Unmensch n’est pas un « non-humain », mais une brute, un monstre.

Les préfixes qui restent sur le verbe

be-, ver-, er-, ent-, zer- : jamais détachés, jamais accentués, et pas de ge- au participe passé.

ÉlémentSensExemples
be-rend le verbe transitif directbeantworten, bewohnen, besprechen, beschreiben, bezahlen
Le préfixe dont le rôle est le plus net. Ich antworte auf die Frage a besoin d’une préposition, comme « répondre à une question » ; ich beantworte die Frage n’en a pas besoin. Le français connaît le même écart entre « habiter dans une maison » et « habiter une maison » : c’est exactement in einem Haus wohnen face à ein Haus bewohnen. De même, über etwas sprechen « parler de quelque chose » devient etwas besprechen. Pas de ge- au participe : beantwortet, bezahlt.
ver-de travers ; consommé ou parti ; vers un nouvel étatverschlafen, verlaufen, verbrauchen, verkaufen, verlängern
Trois emplois à reconnaître, et rien dans le mot ne dit lequel. Quelque chose tourne mal : verschlafen « ne pas se réveiller à temps », sich verlaufen « se perdre (à pied) ». Quelque chose est consommé ou s’en va : verbrauchen « consommer », verkaufen « vendre ». Quelque chose passe à un nouvel état, souvent à partir d’un comparatif : verlängern « allonger, prolonger », verbessern « améliorer », vergrößern « agrandir » — ce que le français fait souvent avec « a- » ou « en- » devant l’adjectif. Certains verbes se sont éloignés de leur radical : verstehen « comprendre » n’a plus grand-chose à voir avec le fait d’être debout.
er-jusqu’au résultaterreichen, erkennen, erfinden, erleben, ertrinken
er- ajoute un aboutissement au verbe simple : kennen est « connaître », erkennen « reconnaître » ; finden est « trouver », erfinden trouver ce qui n’existait pas : « inventer ». Poussé jusqu’au bout, l’aboutissement peut être la mort : trinken « boire » → ertrinken « se noyer ».
ent-hors de, enlever ; défaire (comme « dé- »)entkalken, entfernen, entladen, entwerten, entkommen
La réponse allemande au « dé- » français : entkalken « détartrer », entladen « décharger », entwerten « dévaluer » — et « composter » un billet, parce qu’un billet composté ne sert pas deux fois. Devant f, le même préfixe s’écrit emp- : empfehlen « recommander », empfangen « recevoir ».
zer-en morceauxzerbrechen, zerreißen, zerstören, zerkleinern
Toujours destructeur ou divisant, c’est l’un des rares préfixes qu’on peut apprendre comme un sens. Inséparable comme le reste du groupe : zerbrochen, zerrissen. L’adjectif zerbrechlich « fragile » figure sur un colis sur deux.
wider-contre ; en retourwidersprechen, widerlegen, widerrufen, widerspiegeln
Se prononce exactement comme wieder « de nouveau », et seule l’orthographe les distingue : widersprechen est « contredire », wiedersehen « revoir ». widersprechen est construit comme le mot français : « contre » plus « dire ». Comme préfixe verbal, wider- est inséparable (er widerspricht) ; la seule exception courante est widerspiegeln « refléter », qui se sépare : Das spiegelt sich in den Zahlen wider.

Les particules qui se détachent du verbe

Accentuées, renvoyées à la fin de la principale, et c’est entre elles et le verbe que se glissent ge- et zu.

ÉlémentSensExemples
an-vers, sur ; commencerankommen, anrufen, anfangen, anziehen, anmachen
Le français n’a rien de comparable. Dans une principale, la particule part tout à la fin : Der Zug kommt um acht an. Dans une subordonnée, le verbe reste d’un seul tenant : …, wann der Zug ankommt. Le participe insère ge- au milieu, angekommen, et zu fait de même : anzurufen. L’accent tombe toujours sur la particule.
mit-avec soi, aussimitkommen, mitnehmen, mitbringen, mitmachen, mitsingen
Là où le français ajoute « avec moi », « avec nous », ou choisit « emmener », « emporter », l’allemand met mit- sur le verbe : Kommst du mit? « Tu viens aussi ? » ; Ich nehme den Schirm mit. « J’emporte le parapluie. »
auf-vers le haut ; ouvert ; complètementaufstehen, aufmachen, aufräumen, aufhören, aufschreiben
Souvent « en haut » (aufstehen « se lever ») ou « ouvert » (aufmachen « ouvrir »), et son contraire est alors en général zu- : aufmachen / zumachen. Dans aufräumen « ranger » et aufessen « tout manger, finir son assiette », il marque la tâche menée à son terme.
ab-hors de, loin ; vers le basabholen, abfahren, absagen, abnehmen, abschließen
Beaucoup de verbes en ab- se comprennent comme un départ ou un retrait : abfahren « partir », absagen « annuler ». D’autres s’apprennent un par un : abnehmen veut dire « enlever » et aussi « maigrir », abschließen « fermer à clé » et aussi « terminer » des études.
aus-dehors ; éteint ; jusqu’au boutaussteigen, ausgehen, aussuchen, ausmachen, ausziehen
Il s’apprend par paires de contraires : einsteigen / aussteigen « monter / descendre » d’un véhicule, anmachen / ausmachen « allumer / éteindre », anziehen / ausziehen « mettre / enlever » un vêtement. ausziehen veut aussi dire quitter un logement ; déménager, c’est umziehen.
ein-dedans, vers l’intérieureinladen, einsteigen, einkaufen, einschlafen, einziehen
La préposition est in, la particule est ein- : in den Bus, mais einsteigen. einschlafen est « s’endormir », le moment où l’on entre dans le sommeil — exactement la différence entre « s’endormir » et « dormir ».

Les préfixes qui font les deux

um-, über-, unter- : séparables quand ils sont accentués, inséparables sinon — et le sens change avec.

ÉlémentSensExemples
um-séparable : changement, renversement ; inséparable : autourumsteigen, umziehen, umtauschen, umfahren, umgeben
Accentué et séparable, um- marque le plus souvent un changement : umsteigen « changer (de train, de bus) », umziehen « déménager », umtauschen « échanger » un article. Non accentué et inséparable, il veut dire « autour » : umgeben « entourer ». umfahren est les deux. Séparable, c’est « renverser » avec un véhicule : Er hat das Schild umgefahren. Inséparable, c’est « contourner » : Wir haben den Stau umfahren.
über-au-dessus, de l’autre côté ; presque toujours inséparableübersetzen, überweisen, übernachten, überholen, übertreiben
Presque toujours inséparable et non accentué : übersetzen « traduire », überweisen « virer » de l’argent, übernachten « passer la nuit », sans ge- au participe — übersetzt, überwiesen. Quelques verbes existent deux fois. Accentué sur über et séparable, übersetzen veut dire « faire passer sur l’autre rive » : Die Fähre setzt uns über. Le français « traduire » vient du latin traducere, « faire passer de l’autre côté » : la même image.
unter-sous ; souvent plus au sens propreunterschreiben, unterbrechen, unterhalten, untersuchen, unterstützen
unter- inséparable s’est presque toujours éloigné de « sous » : sich unterhalten est « converser », unterbrechen « interrompre », unterstützen « soutenir ». unterschreiben « signer » est construit comme « souscrire » : écrire en dessous. unter- séparable garde le sens propre : Die Sonne geht unter. « Le soleil se couche. » Das Schiff ist untergegangen. « Le navire a sombré. »

Les suffixes qui forment des noms

Ils donnent la classe du mot et, le plus souvent, son genre aussi.

ÉlémentSensExemples
-erla personne ou la chose qui agit (comme « -eur »)Lehrer, Fahrer, Spieler, Bäcker, Drucker
Masculin, et le pluriel n’ajoute rien : der Lehrer, die Lehrer. Les machines le prennent aussi, et le genre ne suit pas le français : der Drucker est « l’imprimante ». Certains radicaux prennent un Umlaut : backen → der Bäcker « le boulanger ». Pour une femme, on ajoute -in.
-inla forme féminineLehrerin, Ärztin, Freundin, Kollegin, Köchin
Là où le français hésite ou garde le masculin (« médecin »), l’allemand marque toujours la femme dans le nom du métier, et l’omettre sonne bizarre : Sie ist Lehrerin. Le pluriel double le n : die Lehrerinnen. Certains prennent un Umlaut : der Arzt → die Ärztin. Et pas d’article devant un métier après sein, comme en français : Sie ist Ärztin, « elle est médecin ».
-ungnom tiré d’un verbe : l’action ou son résultat (comme « -tion », « -ment »)Einladung, Rechnung, Lieferung, Wohnung, Bestellung
Tout nom en -ung est féminin, et le pluriel est toujours -ungen. C’est le suffixe de nom le plus actif de l’allemand, et il couvre à la fois « -tion » et « -ment » : die Einladung « l’invitation », die Lieferung « la livraison ». Le genre concorde avec « -tion », pas avec « -ment » : die Wohnung est « le logement », die Bezahlung « le paiement ».
-chenpetit, et souvent affectueux (comme « -et », « -ette »)Brötchen, Kätzchen, Mädchen, Päckchen, Häuschen
Toujours neutre, quel que soit le nom de départ : die Katze → das Kätzchen « le chaton ». En cela il diffère de « -ette », qui garde le genre : « la maison », « la maisonnette ». C’est pourquoi das Mädchen « la fille » est neutre. Le radical prend en général un Umlaut et perd un -e final : das Brot → das Brötchen. Le pluriel ne change pas. Son jumeau plus ancien, -lein, fait la même chose et sonne méridional ou conte de fées : das Büchlein.
-heitnom tiré d’un adjectif : la qualitéFreiheit, Krankheit, Sicherheit, Wahrheit, Schönheit
Féminin, comme -ung et -keit ; à eux trois, ils règlent le genre de milliers de noms. Pluriel -heiten. Il couvre ce que le français fait avec « -té » et « -esse », eux aussi féminins : die Freiheit « la liberté », die Schönheit « la beauté », die Krankheit « la maladie ».
-keitla même chose que -heit, après certaines terminaisonsPünktlichkeit, Möglichkeit, Fähigkeit, Dankbarkeit, Einsamkeit
Féminin lui aussi. Le choix entre les deux est presque toujours prévisible : -keit après -ig, -lich, -bar et -sam, d’où die Fähigkeit « la capacité », die Möglichkeit « la possibilité », die Dankbarkeit « la gratitude ». Quelques adjectifs simples prennent -igkeit : genau → die Genauigkeit « la précision », hell → die Helligkeit « la luminosité ».
-schaftune relation, un état ou un groupeFreundschaft, Mannschaft, Nachbarschaft, Mitgliedschaft, Wissenschaft
Féminin. Le français n’a pas de suffixe unique pour cela et s’y prend chaque fois autrement : die Freundschaft « l’amitié », die Nachbarschaft « le voisinage », die Mitgliedschaft « l’adhésion », die Wissenschaft « la science ». Il peut rassembler des personnes en un groupe : die Mannschaft est « l’équipe ».
-eile lieu où s’exerce un métier (comme « -erie »)Bäckerei, Metzgerei, Brauerei, Käserei, Druckerei
Le « -erie » allemand, avec l’accent sur la dernière syllabe comme en français : die Bäckerei « la boulangerie », die Metzgerei « la boucherie », die Brauerei « la brasserie », die Käserei « la fromagerie ». Il s’ajoute à la personne, pas au verbe : der Bäcker → die Bäckerei. Toujours féminin. Ajouté à un verbe sous la forme -erei, il fait d’une activité une habitude agaçante : die Fragerei, ces questions à n’en plus finir.
-tion / -itätnoms empruntés : les mots en « -tion » et en « -ité »Situation, Information, Qualität, Universität, Realität
Des mots offerts : la plupart des noms français en « -tion » et en « -ité » existent aussi en allemand, et ils sont féminins comme en français. Ce qui change, c’est la prononciation : -tion se dit avec « ts » et sans voyelle nasale, à peu près « tsione ». Attention à l’orthographe de -ität : die Qualität « la qualité », die Universität.
-enom tiré d’un adjectif, le plus souvent avec UmlautGröße, Länge, Wärme, Kälte, Nähe
Féminin, et le radical prend en général un Umlaut : lang → die Länge « la longueur », groß → die Größe « la taille », nah → die Nähe « la proximité ». Ce sont les mots de mesure de tous les jours, et le genre ne suit pas toujours le français : die Kälte est « le froid ».
-nisle résultat ou l’état qui suit une actionErgebnis, Erlebnis, Erlaubnis, Zeugnis, Gedächtnis
Le seul suffixe de nom dont on ne peut pas lire le genre : la plupart sont neutres (das Ergebnis « le résultat », das Zeugnis « le bulletin, le certificat »), quelques-uns féminins (die Erlaubnis « la permission », die Kenntnis « la connaissance »). Le pluriel double le s : die Ergebnisse.
-tumun état, un domaine, ou tout ce qui est d’une même sorteWachstum, Eigentum, Christentum, Reichtum, Irrtum
Neutre, avec deux exceptions courantes au masculin : der Reichtum « la richesse » et der Irrtum « l’erreur ». Le pluriel prend un Umlaut : die Irrtümer. Dans das Christentum « le christianisme », il fait le travail de « -isme ».

Les suffixes qui forment des adjectifs

Qui a quelque chose, à la manière de, qu’on peut faire, plein de.

ÉlémentSensExemples
-igqui a quelque chose ; plein de (comme « -eux »)sonnig, windig, salzig, lustig, schmutzig
Il correspond souvent à « -eux » ou à « -é » : windig « venteux », sonnig « ensoleillé », salzig « salé », schmutzig « sale ». En fin de mot, en allemand standard, le g se prononce comme le ch de ich ; dans le Sud, on entend souvent un k.
-lichà la manière de ; chaque jour, semaine ou annéefreundlich, täglich, ehrlich, gefährlich, herzlich
freundlich « aimable », täglich « quotidien », ehrlich « honnête », gefährlich « dangereux ». Ce n’est pas une terminaison d’adverbe comme « -ment » : les adverbes allemands n’en ont pas besoin. Beaucoup de radicaux prennent un Umlaut : der Tag → täglich.
-ischqui appartient à ; d’un pays ou d’une langueallemand, typisch, praktisch, kindisch, altmodisch
Les adjectifs de nationalité et de langue le prennent et s’écrivent avec une minuscule, comme en français : allemand, italienisch. Mais la langue comme nom prend une majuscule, ce que le français ne fait pas : Sie spricht Allemand. Appliqué aux personnes, il peut être critique, et le français a la même paire : kindlich « enfantin », kindisch « puéril ».
-barqu’on peut faire (comme « -able », « -ible »)essbar, trinkbar, lesbar, bezahlbar, machbar
Le « -able » allemand, et presque aussi productif : on prend un verbe qui a un complément, on retire -en et on ajoute -bar : essbar « comestible », lesbar « lisible », machbar « faisable ». La négation passe par un- : unlesbar « illisible », unbezahlbar « hors de prix » — et aussi « inestimable ».
-samenclin à ; qui produitlangsam, sparsam, einsam, aufmerksam, wirksam
Il ne sert presque plus à former des mots nouveaux, mais il se trouve dans quelques-uns des adjectifs les plus courants : langsam « lent », einsam « solitaire », sparsam « économe », aufmerksam « attentif », wirksam « efficace ».
-vollplein de (comme « -eux »)sinnvoll, wertvoll, humorvoll, rücksichtsvoll, hoffnungsvoll
Pour le sens, le « -eux » de « précieux » ou « respectueux », et il fait paire avec -los : hoffnungsvoll « plein d’espoir » / hoffnungslos « sans espoir », sinnvoll « sensé » / sinnlos « insensé ». Attention au s de liaison que beaucoup de noms apportent : rücksichtsvoll « prévenant », hoffnungsvoll.

Les suffixes qui forment des verbes

Verbes empruntés, petites actions répétées, verbes tirés d’adjectifs.

ÉlémentSensExemples
-ierenverbes tirés de radicaux empruntésreservieren, reparieren, studieren, funktionieren, diskutieren
La porte par laquelle entrent les verbes venus du français, du latin et de l’anglais, et un francophone en reconnaît beaucoup d’emblée : reservieren « réserver », reparieren « réparer », funktionieren « fonctionner ». Deux règles : l’accent est toujours sur -ie-, et le participe n’a pas de ge- — reserviert, repariert. Et studieren veut dire faire des études à l’université ; réviser pour un contrôle, c’est lernen.
-igenun verbe tiré d’un adjectif ou d’un nomreinigen, beruhigen, befestigen, beschädigen, sättigen
Très souvent avec be- : ruhig → beruhigen « calmer », fest → befestigen « fixer », der Schaden → beschädigen « endommager ». rein « propre » → reinigen « nettoyer » explique que le pressing s’appelle die Reinigung.
-elnune action petite, répétée ou atténuée (comme « -oter »)lächeln, hüsteln, tröpfeln, kränkeln, tänzeln
Il suffit de mettre les paires côte à côte : lachen « rire » et lächeln « sourire », husten « tousser » et hüsteln « toussoter », tropfen « goutter » et tröpfeln « tomber goutte à goutte ». L’Umlaut et le -eln rapetissent l’action, comme « -oter » dans « toussoter » ou « trembloter ».

Les terminaisons qui forment des adverbes

La plupart des adverbes allemands n’ont besoin d’aucune terminaison. Voici les exceptions.

ÉlémentSensExemples
-sà ce moment-là, par habitudeabends, morgens, nachts, montags, sonntags
der Abend est « le soir » ; abends, « le soir », tous les soirs. Là où le français dit « le lundi » avec l’article, l’allemand ajoute le s : montags. Il s’écrit avec une minuscule bien qu’il vienne d’un nom : montags, mais am Montag. nachts prend le s même si die Nacht est féminin.
-weisede cette manière ; par morceauxausnahmsweise, glücklicherweise, teilweise, schrittweise, beispielsweise
Le plus proche de « -ment », et beaucoup moins employé, parce que presque tous les adjectifs allemands servent d’adverbes sans terminaison : Sie fährt vorsichtig. « Elle conduit prudemment. » Sur un nom, il signifie « par unités » : schrittweise « pas à pas », teilweise « en partie ». Sur un adjectif, il commente toute la phrase et intercale -er- : glücklicherweise « heureusement ».

Ce qui se met à la jointure

Les mots composés : le dernier élément décide du genre, et la lettre du milieu s’apprend avec le mot.

ÉlémentSensExemples
-s-un s de liaison entre deux nomsWohnungsschlüssel, Arbeitsplatz, Geburtstag, Zeitungsartikel, Liebesbrief
Le français relie avec « de » et dans l’ordre inverse : l’essentiel vient d’abord, « la clé de l’appartement » ; en allemand, il vient en dernier, et c’est ce dernier élément qui donne le genre : die Wohnung + der Schlüssel = der Wohnungsschlüssel. Après -ung, -heit, -keit, -schaft, -tion et -ität, la liaison est toujours s. Ailleurs, elle s’apprend avec le mot, et elle apparaît même après des noms féminins : die Arbeit → der Arbeitsplatz « le poste de travail ».
-(e)n-un n ou en de liaison, souvent après un -e finalSonnenbrille, Straßenbahn, Taschenlampe, Blumenladen, Frauenarzt
Surtout après des noms féminins en -e, et il ressemble à un pluriel sans en être un : die Sonnenbrille n’est pas faite pour plusieurs soleils. La liaison dépend du premier élément, le genre du dernier : die Straße + die Bahn = die Straßenbahn « le tramway », die Blume + der Laden = der Blumenladen « le fleuriste ».
-e- / -er-jonctions anciennes qui ressemblent à des plurielsWörterbuch, Kinderwagen, Bilderbuch, Hundehütte, Liederabend
Certaines veulent encore dire « plusieurs » : das Wörterbuch est un livre de mots. D’autres non : der Kinderwagen « la poussette » ne transporte qu’un enfant. La jonction ne se déduit pas des parties ; le composé s’apprend donc comme un seul mot.

À vous d’essayer