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À lire si tu veux — rien à apprendre ici

L’allemand : un petit portrait

D’où vient l’allemand, où on le parle aujourd’hui, pourquoi il met des majuscules aux noms et ce qui étonne un francophone.

Famille
Indo-européenne, branche germanique
Écriture
Alphabet latin, plus ä, ö, ü et ß
Langue officielle en
Allemagne, Autriche, Suisse, Liechtenstein, Luxembourg, Belgique
Locuteurs natifs
Environ 100 millions
Proches parents
Néerlandais, luxembourgeois, anglais
Particularité
Tous les noms prennent une majuscule

D’où elle vient

L’allemand est une langue germanique, comme l’anglais, le néerlandais, le suédois ou le danois. Toutes descendent d’une langue ancienne que parlaient les peuples germaniques du nord de l’Europe, et dont il ne reste aucun texte : on la reconstruit en comparant ses descendantes.

C’est pour cela que tant de mots allemands ressemblent à des mots anglais : « house » et Haus, « hand » et Hand, « water » et Wasser. Le français, lui, est une langue romane, issue du latin. Les deux familles sont cousines lointaines — elles appartiennent toutes deux au grand ensemble indo-européen —, mais pas sœurs.

Son histoire en quelques étapes

On distingue en gros trois âges. Le vieux haut allemand, à partir du VIIIe siècle environ, nous est connu surtout par des textes religieux écrits dans les monastères. Le moyen haut allemand, autour des XIIe et XIIIe siècles, est la langue des grands poèmes de chevalerie, comme le Nibelungenlied. Vient ensuite l’allemand moderne, qui se forme lentement à partir de la fin du Moyen Âge.

Pendant longtemps, il n’y a pas un allemand mais une mosaïque de dialectes, sans capitale commune. L’imprimerie et la traduction de la Bible par Martin Luther, au XVIe siècle, ont beaucoup aidé à répandre une langue écrite que tout le monde pouvait lire. Cette langue écrite commune, le Hochdeutsch, s’est imposée bien avant que les gens la parlent au quotidien.

Au XIXe siècle, les frères Grimm — oui, ceux des contes — lancent un immense dictionnaire historique, et Konrad Duden publie un dictionnaire d’orthographe dont le nom est resté : aujourd’hui encore, on dit « regarder dans le Duden ».

Où on la parle aujourd’hui

L’allemand est la langue maternelle la plus répandue de l’Union européenne. On le parle en Allemagne, en Autriche, dans une grande partie de la Suisse, au Liechtenstein, au Luxembourg, dans l’est de la Belgique et dans le Tyrol du Sud, en Italie.

L’allemand standard existe en plusieurs variantes, toutes correctes. En Autriche, janvier se dit souvent Jänner et la tomate Paradeiser. En Suisse, on écrit l’allemand standard, mais on parle presque toujours un dialecte, le Schweizerdeutsch, que beaucoup d’Allemands ont du mal à comprendre ; on y dit Velo pour le vélo et merci pour remercier.

Dans le nord de l’Allemagne, on entend encore le bas allemand, le Plattdeutsch, plus proche du néerlandais. Ne t’inquiète pas : l’allemand que tu apprends ici est compris partout.

L’écriture

L’allemand s’écrit avec l’alphabet latin, auquel s’ajoutent trois voyelles à tréma, ä, ö et ü, et une lettre à part, le ß, qui se lit comme un s dur : Straße, la rue. La Suisse ne l’utilise pas et écrit Strasse.

Le trait le plus visible, c’est la majuscule : tous les noms en prennent une, pas seulement les noms propres. Tu écris donc der Tisch, die Liebe, das Essen. C’est une aide précieuse pour lire une phrase longue : on repère les noms d’un coup d’œil.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, on imprimait souvent l’allemand dans une écriture gothique, la Fraktur, que l’on voit encore sur des enseignes ou des titres de journaux. En 1996, une réforme de l’orthographe a simplifié plusieurs règles, notamment l’emploi du ß.

Des mots qui voyagent

Le français a emprunté pas mal de mots à l’allemand, parfois sans qu’on le devine : « vasistas » vient de la question was ist das?, « qu’est-ce que c’est ? ». On reconnaît plus facilement « bretzel », « hamster », « leitmotiv », « kitsch » ou « ersatz ».

Dans l’autre sens, l’allemand a pris au français des centaines de mots, surtout aux XVIIe et XVIIIe siècles, quand le français était la langue des cours européennes : Restaurant, Friseur, Cousin, Portemonnaie, Trottoir. Aujourd’hui, ce sont surtout des mots anglais qui arrivent. Attention au Handy : il ressemble à de l’anglais, mais ce mot pour le téléphone portable n’existe qu’en allemand.

Ce qui surprend un francophone

D’abord, les trois genres : masculin, féminin et neutre. Et ils ne correspondent pas aux nôtres : la lune est masculine, der Mond, le soleil féminin, die Sonne, et la jeune fille neutre, das Mädchen, parce que le suffixe -chen rend tout neutre.

Ensuite, les cas : l’article change selon le rôle du mot dans la phrase. Der Hund devient den Hund quand on le voit. Et le verbe aime se déplacer : il va à la fin d’une subordonnée, et certains verbes se coupent en deux, comme ich rufe dich an, je t’appelle.

Bonne nouvelle en revanche : l’allemand se prononce à peu près comme il s’écrit. Le ü se dit comme notre « u », et le u allemand comme notre « ou ». Le h en début de mot s’entend vraiment, comme un souffle : Haus. Et les mots composés, qui font peur au début, se lisent comme un jeu de construction : Handschuh, « chaussure de main », c’est le gant.