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C2RaccontoViaggi4 min

La dernière saison du guide

Una guida alpina affronta la sua ultima stagione e pensa a una montagna che sparisce sotto i suoi piedi.

Un racconto riflessivo su piani temporali diversi. Fai attenzione a come ricordo (imparfait, plus-que-parfait) e presente si intrecciano, al subjonctif dopo i verbi di timore e dopo non que, e alle frasi che alludono più che dire.

Jean-Pierre Vallet a commencé à travailler comme guide à vingt-deux ans, l’année où son père, guide lui aussi, avait décidé qu’il était temps de raccrocher. Quarante saisons plus tard, il sait que cette saison sera la dernière, et il ne l’a dit à presque personne. Non par pudeur, mais parce qu’il craint qu’on lui demande pourquoi, et qu’il n’a pas de réponse simple.

La montagne qu’il a connue enfant n’existe plus tout à fait. Le glacier qu’il traversait avec son père en une heure, au départ du refuge, il faut aujourd’hui le rejoindre par une longue marche sur des pierres instables, là où il y avait encore de la neige au mois d’août. Chaque été, les chutes de pierres arrivent plus souvent, et les voies qu’on croyait là pour toujours se ferment les unes après les autres. Il a dû renoncer, l’an dernier, à une course qu’il faisait depuis trente ans.

Ce n’est pourtant pas la fonte du glacier qui l’a décidé. Ce sont plutôt les clients. Non que le client soit devenu moins poli — la plupart sont très gentils —, mais il arrive avec des attentes que Jean-Pierre ne sait plus satisfaire. On veut le sommet, la photo du sommet, et rentrer à temps pour le dîner. Le chemin n’est plus qu’un obstacle entre le parking et la photo. Lui a passé sa vie à penser précisément le contraire.

Il y a des exceptions, bien sûr. La semaine dernière, il a accompagné une femme d’environ soixante ans qui n’avait jamais mis les pieds en haute montagne. À mi-chemin, elle s’est assise sur une pierre et a déclaré qu’elle s’arrêtait là. Il pouvait insister ; il ne l’a pas fait. Ils sont restés une heure à regarder la lumière changer sur la face nord, sans parler. Au retour, elle lui a dit merci comme on dit merci à quelqu’un qui vous a montré un endroit de vous-même.

C’est pour des jours comme ce jour-là qu’il a choisi ce métier. Ils sont devenus rares, et il préfère s’arrêter avant de les attendre avec amertume. Son fils, qui travaille en ville, ne prendra pas la suite ; Jean-Pierre ne le lui a jamais demandé, et il en est heureux aujourd’hui.

Le 30 septembre, il fera sa dernière course, seul, vers le col où son père l’avait conduit pour la première fois. Il ne sait pas encore s’il prendra la corde. Il sait seulement qu’il sera dehors avant le jour, comme autrefois, et qu’il regardera longtemps le glacier, ou ce qu’il en reste.

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1. Pourquoi Jean-Pierre n’a-t-il presque rien dit de sa décision ?

2. Comment la montagne a-t-elle changé ?

3. Qu’est-ce qui a vraiment décidé Jean-Pierre ?

4. Que s’est-il passé avec la femme d’environ soixante ans ?

5. Où ira-t-il pour sa dernière course ?