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La dernière saison du guide
Ein Bergführer geht in seine letzte Saison und denkt über einen Berg nach, der unter seinen Füßen verschwindet.
Eine nachdenkliche Erzählung mit wechselnden Zeitebenen. Achte darauf, wie Erinnerung (imparfait, plus-que-parfait) und Gegenwart ineinandergreifen, auf den subjonctif nach Verben der Furcht und nach non que, und auf Sätze, die eher andeuten als aussprechen.
Jean-Pierre Vallet a commencé à travailler comme guide à vingt-deux ans, l’année où son père, guide lui aussi, avait décidé qu’il était temps de raccrocher. Quarante saisons plus tard, il sait que cette saison sera la dernière, et il ne l’a dit à presque personne. Non par pudeur, mais parce qu’il craint qu’on lui demande pourquoi, et qu’il n’a pas de réponse simple.
La montagne qu’il a connue enfant n’existe plus tout à fait. Le glacier qu’il traversait avec son père en une heure, au départ du refuge, il faut aujourd’hui le rejoindre par une longue marche sur des pierres instables, là où il y avait encore de la neige au mois d’août. Chaque été, les chutes de pierres arrivent plus souvent, et les voies qu’on croyait là pour toujours se ferment les unes après les autres. Il a dû renoncer, l’an dernier, à une course qu’il faisait depuis trente ans.
Ce n’est pourtant pas la fonte du glacier qui l’a décidé. Ce sont plutôt les clients. Non que le client soit devenu moins poli — la plupart sont très gentils —, mais il arrive avec des attentes que Jean-Pierre ne sait plus satisfaire. On veut le sommet, la photo du sommet, et rentrer à temps pour le dîner. Le chemin n’est plus qu’un obstacle entre le parking et la photo. Lui a passé sa vie à penser précisément le contraire.
Il y a des exceptions, bien sûr. La semaine dernière, il a accompagné une femme d’environ soixante ans qui n’avait jamais mis les pieds en haute montagne. À mi-chemin, elle s’est assise sur une pierre et a déclaré qu’elle s’arrêtait là. Il pouvait insister ; il ne l’a pas fait. Ils sont restés une heure à regarder la lumière changer sur la face nord, sans parler. Au retour, elle lui a dit merci comme on dit merci à quelqu’un qui vous a montré un endroit de vous-même.
C’est pour des jours comme ce jour-là qu’il a choisi ce métier. Ils sont devenus rares, et il préfère s’arrêter avant de les attendre avec amertume. Son fils, qui travaille en ville, ne prendra pas la suite ; Jean-Pierre ne le lui a jamais demandé, et il en est heureux aujourd’hui.
Le 30 septembre, il fera sa dernière course, seul, vers le col où son père l’avait conduit pour la première fois. Il ne sait pas encore s’il prendra la corde. Il sait seulement qu’il sera dehors avant le jour, comme autrefois, et qu’il regardera longtemps le glacier, ou ce qu’il en reste.
Jean-Pierre Vallet est guide de haute montagne depuis quarante ans. Cette saison sera la dernière. Il ne l’a dit à presque personne, parce qu’il a peur qu’on lui demande pourquoi, et il n’a pas de réponse simple.
La montagne a beaucoup changé. Le glacier qu’il traversait avec son père est maintenant loin du refuge. Chaque été, il y a plus de pierres qui tombent, et beaucoup de voies sont fermées. L’an dernier, il a dû arrêter une course qu’il faisait depuis trente ans.
Mais ce n’est pas la raison principale. C’est plutôt à cause des clients. Ils sont souvent gentils, mais ils veulent seulement le sommet et la photo du sommet. Pour eux, le chemin n’est pas important. Pour Jean-Pierre, c’est le plus important.
Il y a des exceptions. La semaine dernière, il était avec une femme de soixante ans. Elle n’était jamais allée en haute montagne. À mi-chemin, elle s’est arrêtée. Ils restent une heure à regarder la lumière sur la montagne, sans parler. Après, elle lui a dit merci, très émue.
Ces jours sont rares maintenant. Jean-Pierre préfère arrêter. Son fils travaille en ville et ne sera pas guide.
Le 30 septembre, il fera sa dernière course, seul, vers le col où son père l’a conduit pour la première fois. Il sera dehors avant le jour et il regardera longtemps le glacier.
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Grammatik in diesem Text
Diese Formen stehen im Text in echtem Gebrauch. Mit „Grammatik zeigen“ über dem Text werden sie farbig markiert.
il craint qu’on lui demande · Non que le client soit devenu
Nach Verben der Furcht steht der subjonctif: il craint qu’on lui demande; ebenso nach non que: Non que le client soit devenu moins poli. Wann der Subjonctif steht →
a déclaré qu’elle s’arrêtait là
Indirekte Rede in der Vergangenheit: elle a déclaré qu’elle s’arrêtait là — aus „je m’arrête là“ wird das imparfait. Zeitformen zurückversetzen →
Il a dû renoncer · Il pouvait insister
il a dû renoncer (er musste verzichten) und il pouvait insister (er hätte darauf bestehen können): Das imparfait von pouvoir beschreibt hier eine Möglichkeit, die nicht genutzt wurde. Modalverben in der Vergangenheit →
Die Wortlisten zu diesem Text
Die Wörter dieses Textes stehen in 41 Listen dieser Seite; die Zahl dahinter sagt, wie viele davon aus welcher Liste kommen. Wer den Text gelesen hat, hat gerade diese Wörter gebraucht — und kann genau sie abfragen.
Verständnisfragen
5 Fragen zum Text. Zu jeder Antwort erscheint der Satz, in dem sie steht — eine Frage, deren Antwort man im Text nicht wiederfindet, prüft nichts.
1. Pourquoi Jean-Pierre n’a-t-il presque rien dit de sa décision ?
Lis la fin du premier paragraphe.
Cherche « parce que ».
parce qu’il craint qu’on lui demande pourquoi, et qu’il n’a pas de réponse simple
2. Comment la montagne a-t-elle changé ?
Lis le deuxième paragraphe.
Cherche le mot « glacier ».
les chutes de pierres arrivent plus souvent
3. Qu’est-ce qui a vraiment décidé Jean-Pierre ?
Lis le début du troisième paragraphe.
Cherche « ce n’est pourtant pas ».
Ce sont plutôt les clients.
4. Que s’est-il passé avec la femme d’environ soixante ans ?
Lis le quatrième paragraphe.
Cherche le mot « heure ».
Ils sont restés une heure à regarder la lumière changer sur la face nord
5. Où ira-t-il pour sa dernière course ?
Lis le dernier paragraphe.
Cherche « le 30 septembre ».
vers le col où son père l’avait conduit pour la première fois