C1GeschichteEssen und Küche3 Min.
Cuisiner sans le goût
Nach einer Krankheit schmeckt eine Köchin nichts mehr. Sie kocht weiter — mit Gedächtnis, Augen und der Zunge ihres jüngsten Mitarbeiters.
Eine Küchengeschichte über Vertrauen. Achte auf den Nominalstil (la perte du goût, le retour du goût), auf das Passiv mit par und auf die Einräumungen mit même si und quoique.
Pendant quinze ans, Odile Marchand avait tenu la cuisine d’un petit restaurant de quartier, où l’on venait autant pour la justesse de ses plats que pour l’accueil chaleureux de la salle. Puis, un hiver, une mauvaise grippe l’a clouée au lit pendant trois semaines. Quand elle est revenue au travail, elle a goûté un bouillon et n’a rien senti. Ni sel, ni sucre, ni rien.
Le médecin s’est montré prudent : la perte du goût pouvait durer quelques semaines comme plusieurs mois. Personne n’était en mesure de le dire. Pour une cuisinière, c’était à peu près comme si un peintre ne voyait plus les couleurs. Odile a d’abord pensé fermer, puis elle a décidé de n’en parler à personne, sauf à une seule personne.
Cette personne, c’était Bastien, dix-neuf ans, entré dans l’équipe six mois plus tôt. Il était lent, peu sûr de lui, mais il avait une qualité qu’Odile avait remarquée dès le premier jour : il goûtait tout, tout le temps, et il savait dire ce qu’il y avait à ajouter. Elle l’a pris à part un soir, après le service, et lui a tout expliqué. « À partir d’aujourd’hui, tu goûtes pour moi. Moi, je garde les mains et la mémoire. »
Les semaines qui ont suivi ont été étranges. Odile travaillait avec les yeux et les oreilles : à la couleur d’un bouillon, au bruit d’une viande dans la poêle, au temps passé sur le feu. Bastien goûtait, puis disait à voix basse : « un peu plus de sel », « c’est juste ». Quoique cette méthode fût lourde pour tous les deux, aucun client ne s’est aperçu de rien. Une critique a même été publiée par le journal du quartier, qui parlait d’une cuisine « plus précise que jamais ».
Le retour du goût s’est fait un matin de printemps, sans prévenir, avec un café trop amer. Odile a ri toute seule dans la cuisine vide. Mais quelque chose avait changé, même si elle avait de nouveau tous ses moyens. Elle n’a jamais repris l’habitude de tout décider seule. Aujourd’hui encore, avant chaque nouveau plat, c’est Bastien qui goûte le premier.
Odile Marchand est cuisinière. Depuis quinze ans, elle travaille dans un petit restaurant de quartier. Un hiver, elle a une mauvaise grippe et reste trois semaines au lit. Quand elle revient au travail, elle goûte un bouillon et elle ne sent rien. Ni sel, ni sucre.
Le médecin dit que cela peut durer quelques semaines ou plusieurs mois. Personne ne sait combien de temps. Odile pense d’abord fermer le restaurant. Puis elle décide de ne rien dire, sauf à une personne.
Cette personne, c’est Bastien. Il a dix-neuf ans et travaille dans l’équipe depuis six mois. Il est lent, mais il goûte tout, tout le temps, et il sait dire ce qu’il y a à ajouter. Odile lui explique tout. « Maintenant, tu goûtes pour moi. »
Pendant des semaines, Odile travaille avec les yeux et les oreilles : elle regarde la couleur d’un bouillon, elle écoute la viande dans la poêle. Bastien goûte et dit ce qu’il faut ajouter. C’est très dur pour tous les deux. Mais les clients ne remarquent rien. Le journal du quartier écrit même que la cuisine est meilleure que jamais.
Un matin de printemps, le goût revient, avec un café trop amer. Odile rit. Mais elle ne veut plus tout décider seule. Avant chaque nouveau plat, c’est Bastien qui goûte le premier.
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Mehr Sätze dazu in „Sprache im Einsatz“: Französisch in Küche und Restaurant
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Grammatik in diesem Text
Diese Formen stehen im Text in echtem Gebrauch. Mit „Grammatik zeigen“ über dem Text werden sie farbig markiert.
la perte du goût · Le retour du goût
Nominalstil: Statt eines Satzes ein Nomen — la perte du goût (statt „dass sie nichts mehr schmeckte“), le retour du goût s’est fait. Der Nominalstil →
a même été publiée par le journal
Passiv mit par für den Handelnden: une critique a même été publiée par le journal du quartier. Passiv mit par oder de →
Quoique cette méthode fût lourde · même si elle avait de nouveau
quoique (gehoben, mit subjonctif — hier sogar im literarischen imparfait du subjonctif: fût) und même si (mit Indikativ) leiten Einräumungen ein. Konjunktionen: parce que, bien que →
Die Wörter ab C1 in diesem Text
Nicht die schweren Wörter überhaupt, sondern die deiner Stufe: alle 4 von 186 Wörtern dieses Textes stehen auf C1 oder darüber. Alles andere kennst du, wenn du hier angekommen bist.
la justesse
Nähe zum wahren Wert
C1la palette du peintre
Farbpalette
C1le fût
Stamm
C1quoique
wenn auch
C2
Die Wortlisten zu diesem Text
Die Wörter dieses Textes stehen in 38 Listen dieser Seite; die Zahl dahinter sagt, wie viele davon aus welcher Liste kommen. Wer den Text gelesen hat, hat gerade diese Wörter gebraucht — und kann genau sie abfragen.
Verständnisfragen
5 Fragen zum Text. Zu jeder Antwort erscheint der Satz, in dem sie steht — eine Frage, deren Antwort man im Text nicht wiederfindet, prüft nichts.
1. Qu’est-ce qui arrive à Odile après sa grippe ?
Lis la fin du premier paragraphe.
Cherche « rien senti ».
elle a goûté un bouillon et n’a rien senti
2. Que dit le médecin ?
Lis le deuxième paragraphe.
Cherche le mot « médecin ».
Personne n’était en mesure de le dire.
3. Pourquoi Odile choisit-elle Bastien ?
Lis le troisième paragraphe.
Cherche le mot « qualité ».
il goûtait tout, tout le temps, et il savait dire ce qu’il y avait à ajouter
4. Comment Odile travaille-t-elle pendant ces semaines ?
Lis le quatrième paragraphe.
Cherche le mot « yeux ».
Odile travaillait avec les yeux et les oreilles
5. Qu’est-ce qui reste de cette période ?
Lis la dernière phrase.
Cherche « aujourd’hui encore ».
avant chaque nouveau plat, c’est Bastien qui goûte le premier