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C1  ·  37 mots

La conversation de circonstance

Les minutes où l’on ne discute de rien et où tout se décide.

Brüskieren a l’air d’un cousin de « brusquer », et c’en est un : l’allemand a emprunté le verbe au français. Mais il n’en a gardé qu’une partie, et c’est ce qui trompe. Chez nous, « brusquer quelqu’un », c’est le traiter sans ménagement ou le presser, et « brusquer les choses », c’est les précipiter. Brüskieren ne signifie jamais presser ni hâter : le mot ne parle pas de vitesse, et il parle moins de la manière que de son effet. Jemanden brüskieren, c’est le froisser par une attitude cavalière, lui faire sentir qu’on le tient pour quantité négligeable. On le lit souvent dans les pages politiques, quand un gouvernement en vexe un autre en annulant une visite, mais il vaut tout autant pour un cocktail : se détourner au milieu d’une phrase, chercher du regard quelqu’un de plus important par-dessus l’épaule de son interlocuteur, oublier un prénom qu’on vient d’entendre. Personne n’a haussé le ton, et pourtant sie fühlte sich brüskiert : elle s’est sentie snobée. C’est précisément la vexation que ces quelques minutes de conversation légère servent à éviter.

Les mots

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