C2 · 25 mots
Histoire de la médecine
Barbiers-chirurgiens, humeurs, médecins de peste et bocaux d’anatomie : comment l’allemand parle de la médecine d’avant la science.
Un mot de cette liste trompe le lecteur francophone justement parce qu’il lui paraît familier. Der Physikus n’est pas un physicien. C’est le médecin officiel d’une ville ou d’un district, nommé et payé par l’autorité : il inspecte les apothicaires, examine les corps pour la justice, rend compte des épidémies et fait appliquer les règlements sanitaires. On le rencontre surtout dans des composés, der Stadtphysikus pour la ville, der Kreisphysikus pour le district, et son héritier d’aujourd’hui s’appelle der Amtsarzt. Les deux mots viennent pourtant du même physicus latin, et l’ancien français appelait lui aussi le médecin « fisicien » ; mais le français a ensuite réservé le mot à la science de la matière, tandis que l’allemand l’a gardé dans l’administration de la santé. Qui lit dans une chronique qu’un Physikus a fait fermer une maison infectée ne doit donc pas imaginer un savant penché sur ses instruments : c’est le fonctionnaire de santé publique qui agit. Pour le physicien, l’allemand dit der Physiker.
Les mots
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