Apprendre l’italien : questions fréquentes
27 questions qu’on se pose vraiment en apprenant la langue, avec des réponses qui se suffisent à elles-mêmes. Là où il y a davantage à dire, le lien vient en dessous — pas à la place de la réponse.
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Par où commencer, ce que le français apporte et ce que veulent dire les niveaux.
Comment commencer à apprendre l’italien ?
Avec quatre choses menées de front : les deux verbes essere et avere, les trois séries de terminaisons du présent, les mots d’usage constant, et l’habitude de dire des phrases entières à voix haute. Ce dernier point compte plus pour un francophone qu’on ne le pense : on comprend vite l’italien écrit, et c’est justement ce qui pousse à le lire au lieu de le dire. Or la bouche, elle, garde ses habitudes françaises — l’accent sur la dernière syllabe, les voyelles nasales, les consonnes doubles avalées — et ne les perd qu’en parlant.
L’italien est-il facile pour un francophone ?
Au début, oui, et plus qu’aucune autre langue qu’on apprend à l’école : le vocabulaire se reconnaît, les temps du passé se répartissent comme en français, et le subjonctif existe des deux côtés. La difficulté arrive ensuite, et elle vient de la ressemblance elle-même. Le pluriel ne se fait pas par un -s muet mais en changeant la voyelle finale — il libro, i libri ; la casa, le case. L’article a sept formes au lieu de quatre. Et partout où l’on traduit mot à mot, on produit un italien compréhensible qui sonne français : le pronom sujet qu’on ajoute, la préposition qu’on calque, le mot qui a l’air d’être le même et ne l’est pas.
Que veulent dire A1, A2, B1, B2, C1 et C2 ?
Ce sont les six niveaux d’une échelle européenne, des premières phrases (A1) à la maîtrise sans effort (C2). Les sigles sont libres d’usage ; les descriptions officielles de chaque niveau sont protégées par le droit d’auteur, et ce site ne les reproduit volontairement pas. Vous trouverez ici un classement propre de la matière, avec un critère annoncé : la question n’est pas de savoir si un mot est difficile, mais à partir de quand on ne peut plus avancer sans lui. la nonna est en A1 parce que tout le monde en parle dès la première conversation, et non parce qu’elle ressemble à un mot français.
Combien de temps faut-il pour parler italien ?
Il n’existe pas de chiffre honnête, et celui qui en annonce un comme un fait l’a inventé : cela dépend de ce qu’on sait déjà, de la régularité avec laquelle on pratique et de ce que « parler » doit vouloir dire. Deux choses se disent sans risque. Un francophone comprend l’italien écrit bien avant de savoir le produire, et cet écart ne doit pas l’inquiéter : c’est l’avantage de la parenté, pas un retard. Et ce qui fait progresser, c’est la régularité plus que la durée — un peu chaque jour vaut mieux qu’une longue séance de temps en temps, parce que la mémoire se consolide entre deux révisions.
Le français aide-t-il vraiment à apprendre l’italien ?
Pour comprendre, énormément ; pour parler, moins qu’on ne le croit, et parfois il gêne. Il aide parce que les deux langues viennent du latin et partagent une grande partie de leur vocabulaire et de leur grammaire : tempo et « temps », notte et « nuit », les auxiliaires, l’imparfait, le subjonctif. Il gêne parce qu’il donne une confiance que les détails ne méritent pas : on devine un mot et on se trompe de sens, on garde une préposition française là où l’italien en veut une autre — in banca pour « à la banque », in montagna pour « à la montagne », dal medico pour « chez le médecin ». La ressemblance est un point de départ, pas une règle.
Grammaire
Les endroits où l’italien s’écarte d’un modèle qui ressemble beaucoup au français.
Quand prend-on essere et quand avere au passé ?
La logique est celle du français : essere pour le mouvement, le changement d’état et les verbes pronominaux, avere pour le reste, et avec essere le participe s’accorde avec le sujet — sono andata, siamo arrivati. Mais l’italien étend essere à des verbes qui prennent « avoir » en français : è piaciuto (« il a plu »), è costato, è durato, è sembrato, è riuscito. Et surtout essere lui-même : « j’ai été » se dit sono stato, jamais ho stato. C’est l’erreur la plus fréquente des francophones, parce que le modèle français la rend naturelle.
Le participe s’accorde-t-il avec avere comme avec « avoir » ?
Pas selon la même règle. En français, le participe avec « avoir » s’accorde avec le complément d’objet direct placé avant, y compris après « que » : « la pomme que j’ai mangée ». En italien, l’accord se fait avec les pronoms lo, la, li, le placés devant le verbe — l’ho vista, le ho comprate — et avec ne le plus souvent : ne ho mangiate tre. Après le relatif che, en revanche, l’usage courant laisse le participe invariable : la mela che ho mangiato. Là où le français accorde surtout à l’écrit, l’italien accorde à l’oral aussi, parce que la voyelle finale s’entend toujours.
Passato prossimo et imperfetto, c’est comme le passé composé et l’imparfait ?
Oui, et c’est l’une des bonnes nouvelles de l’italien pour un francophone. L’imperfetto plante le décor — ce qui était habituel, ce qui était en cours — et le passato prossimo y place les événements : pioveva e sono uscito, « il pleuvait et je suis sorti ». Le choix se fait presque toujours comme en français. La différence est ailleurs : le passato remoto, l’équivalent du passé simple, n’est pas réservé aux livres. On l’emploie dans le récit écrit en général, et dans une partie du Sud on l’entend aussi à l’oral pour des faits récents. Il faut donc au moins savoir le reconnaître.
Pourquoi dit-on penso che sia et non penso che è ?
Parce que l’italien met le congiuntivo après les verbes d’opinion, là où le français garde l’indicatif : « je pense que c’est vrai » devient penso che sia vero. Même chose après sperare — spero che venga, là où le français dit « j’espère qu’il viendra ». Pour le reste, les déclencheurs se recouvrent largement : la volonté, la crainte, benché comme « bien que ». À l’oral, surtout dans le Nord, l’indicatif gagne du terrain après les verbes d’opinion ; à l’écrit, le congiuntivo reste la norme.
Comment dire « si j’étais riche » en italien ?
Avec le congiuntivo imparfait, et non avec l’imparfait de l’indicatif comme en français : se fossi ricco, viaggerei. C’est le point où le calque sur le français échoue le plus nettement, parce que ce temps du subjonctif a pratiquement disparu du français parlé alors qu’il est vivant en italien. La seconde moitié, en revanche, est familière : le condizionale correspond au conditionnel. On entend parfois se ero dans la langue familière, mais ce n’est pas la forme à apprendre.
Pourquoi mi piace et pas io piaccio ?
Parce que piacere fonctionne exactement comme « plaire » : ce qui plaît est le sujet, et la personne est complément. Mi piace il libro, « le livre me plaît ». Le piège, pour un francophone, n’est donc pas la construction, mais l’habitude de dire « j’aime » : amo il libro est beaucoup trop fort, amare se réservant surtout aux personnes et aux grandes passions. Au pluriel, c’est le verbe qui change : mi piacciono i libri. Et au passé, piacere prend essere : mi è piaciuta la città.
Pourquoi y a-t-il sept articles définis en italien ?
Parce que l’article dépend non seulement du genre et du nombre, mais aussi du son qui suit. Au masculin singulier, c’est il, mais lo devant s suivi d’une consonne, devant z, gn et ps, et l’ devant une voyelle ; au pluriel, i et gli. Le féminin est plus simple : la, l’, le. Le francophone connaît déjà l’élision ; ce qui est nouveau, c’est lo, qui évite une rencontre de consonnes : lo studente, gli studenti. Attention aussi à le, qui est un pluriel féminin et non un masculin singulier.
Ne et ci, est-ce la même chose que « en » et « y » ?
Dans l’ensemble, oui, et c’est un avantage que le francophone a sur presque tous les autres apprenants. Ne fait le travail de « en » : quante mele vuoi? Ne voglio due, « j’en veux deux ». Ci fait celui de « y » : ci vado domani, « j’y vais demain » ; ci penso, « j’y pense ». Deux différences seulement. Ci veut aussi dire « nous » — ci vediamo — et forme c’è, « il y a ». Et ne n’a rien d’une négation : celle-ci se dit non.
Faut-il dire le pronom sujet en italien ?
Non, et le plus souvent il vaut mieux ne pas le dire. La terminaison indique déjà qui parle : parlo ne peut vouloir dire que « je parle ». Le français, lui, exige le pronom, si bien que le francophone l’ajoute par réflexe — et chaque io ajouté devient une insistance : io parlo, c’est « moi, je parle ». On le dit pour opposer deux personnes, pour insister, ou quand la forme seule est ambiguë, comme au congiuntivo, où trois personnes du singulier se confondent.
Comment vouvoyer quelqu’un en italien ?
Avec Lei et le verbe à la troisième personne du singulier : Lei è francese? pour « vous êtes français ? » adressé à une seule personne. Le « vous » français se partage donc en deux : Lei pour une personne qu’on vouvoie, voi pour plusieurs, qu’on les tutoie ou non. Dire voi à une seule personne est aujourd’hui régional ou vieilli. Et comme Lei est une troisième personne, les pronoms suivent : La ringrazio, « je vous remercie ».
Vocabulaire
Quels mots d’abord, lesquels trompent, et quel genre ils ont.
Combien de mots italiens faut-il connaître ?
Il n’y a pas de seuil honnête à donner, parce que tout dépend de ce qu’on veut lire ou dire. Ce qui est sûr, c’est que l’ordre compte plus que la quantité : les mots les plus fréquents reviennent dans n’importe quel texte ordinaire, et les derniers appris presque jamais. Un francophone a de plus un avantage réel : une bonne partie du vocabulaire savant se reconnaît sans avoir été apprise. Le travail porte donc surtout sur les mots courants, ceux qui diffèrent le plus du français — prendere, cercare, sembrare, subito.
Quels mots italiens ressemblent au français mais veulent dire autre chose ?
Salire veut dire « monter », pas « salir ». Fermare, c’est « arrêter » ; « fermer » se dit chiudere. Guardare, c’est « regarder », pas « garder ». La camera est la chambre, la firma la signature, la cantina la cave. Et subito ne veut pas dire « subit » mais « tout de suite ». Ces mots sont plus dangereux que les mots inconnus, parce qu’on ne pense pas à les vérifier.
Quelle différence entre buono et bravo ?
Le français dit « bon » dans les deux cas ; l’italien distingue. Buono qualifie ce qui est bon en soi ou bon de caractère : un bon repas, une bonne personne. Bravo qualifie le savoir-faire : un bravo medico est un médecin compétent, un buon medico plutôt un médecin bienveillant. Celui qui ne connaît bravo que comme applaudissement l’emploie trop peu : c’est un mot de tous les jours, et sei stato bravo veut simplement dire « tu t’en es bien sorti ».
Comment savoir si un nom italien est masculin ou féminin ?
Par la terminaison, bien plus qu’en français : -o est presque toujours masculin, -a presque toujours féminin, et les noms en -e s’apprennent un par un. Le piège, pour un francophone, est de reprendre le genre français, qui ne coïncide pas toujours : il mare et « la mer », il fiore et « la fleur », il dente et « la dent », il colore et « la couleur ». Les exceptions qui gênent les autres apprenants, en revanche, ne le surprendront pas : il problema, la mano, la foto ont le même genre qu’en français.
Prononciation et régions
Quel italien on apprend, et les sons qu’un francophone rate le plus souvent.
Quel italien apprend-on ici ?
L’italien standard, celui des journaux, de la télévision et de l’école, dont la prononciation repose sur celle de la Toscane sans ses particularités locales. Ce n’est pas un jugement de valeur : c’est la variété que tout le monde comprend et dans laquelle tout s’écrit. Ce site n’enseigne pas les langues régionales — napolitain, sicilien, vénitien et les autres —, qui ne sont pas des variantes de l’italien mais des langues romanes à part entière, issues du latin comme lui et dotées de leur propre littérature.
Comment se prononcent ch, gn, gli et u en italien ?
Presque tout à l’inverse du français. Ch se prononce « k » : che, chi, chiesa. C’est le c seul devant e ou i qui se prononce « tch » : cena, ciao. Le son « ch » du français s’écrit sc devant e ou i : scena, sciare. Gn est le même son qu’en français, gli un « l » mouillé, proche de « li » prononcé d’un seul coup. Le u se dit « ou » : luna. Enfin, aucune voyelle n’est nasale et aucune n’est muette : vino fait entendre son n et son o final.
Les consonnes doubles s’entendent-elles vraiment ?
Oui, et c’est le seul point de prononciation italienne où une erreur change le mot. Nono est « neuvième », nonno « grand-père » ; sete est la soif, sette le chiffre sept ; casa est la maison, cassa la caisse. Le français écrit des consonnes doubles sans les prononcer, si bien que l’oreille francophone ne les remarque pas au début. En italien, la consonne est réellement tenue plus longtemps, et la voyelle qui précède est plus brève.
Où tombe l’accent tonique en italien ?
Pas toujours au même endroit, et c’est là que la prononciation française se trahit : le français appuie sur la dernière syllabe, l’italien le plus souvent sur l’avant-dernière — parlare, ragazza. Mais pas toujours : telefono porte l’accent sur « le », et parlano sur « par », contrairement à parlare. L’écriture ne l’indique que lorsqu’il tombe sur la dernière voyelle : città, perché, però. Pour les autres mots, l’accent s’apprend avec le mot.
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