C2 · 33 mots
Science du sol
De la roche mère à la semelle de labour : comment pédologues et agriculteurs allemands décrivent le sol qu’ils travaillent.
Le lecteur français qui tombe sur die Bodengare entend « la gare » et cherche des quais au milieu d’un champ. Il n’y en a pas. Die Gare désigne l’état d’un sol meuble, grumeleux, bien aéré et plein de vie, celui qui s’émiette sous la herse et accueille la semence : ce que l’agronome français appelle une bonne structure, une terre qui se travaille bien. Le mot va avec l’adjectif gar, « à point, cuit », que l’on dit d’un rôti ou de légumes, et c’est la même Gare que le boulanger surveille dans sa pâte levée : dans les deux cas, quelque chose est arrivé à son juste degré. L’allemand en nomme même les causes. Die Frostgare est celle que laisse le gel en faisant éclater les mottes ; die Schattengare se forme sous un couvert végétal dense qui garde la surface humide et fraîche. Le contraire n’a pas de nom aussi court : on dit d’un sol qu’il est verschlämmt, fermé par une croûte, ou verdichtet, tassé. Quant à la gare où s’arrêtent les trains, l’allemand l’appelle der Bahnhof, et un agriculteur qui parle de Gare ne pense qu’à sa terre.
Les mots
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