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Formation des mots en anglais : préfixes et suffixes

Un vocabulaire grandit de deux façons. L’une consiste à apprendre de nouveaux mots — c’est la lente. L’autre, ce sont les 40 éléments de cette page : avec un mot et quelques-uns d’entre eux, on a toute une famille.

Les suffixes comptent plus que les préfixes, pour une raison qu’on lit rarement : ils indiquent la nature du mot. Grâce à eux, on situe un mot inconnu dans la phrase avant de savoir ce qu’il veut dire.

Ce qui nie : des préfixes et un suffixe

Plusieurs préfixes pour la même chose — et aucune règle pour dire lequel.

ÉlémentSensExemples
un-pas ; in-, dé-unhappy, unfair, unusual, unable, unknown
La négation la plus fréquente, et la première à essayer en cas de doute. Là où le français dit « in- », l’anglais dit très souvent un- : unfair, « injuste » ; unknown, « inconnu » ; unexpected, « inattendu ».
in-pas ; in- (surtout devant des radicaux latins)incorrect, invisible, informal, incomplete
Exactement comme en français, il change selon la lettre qui suit et redouble la consonne : illegal, immature, impossible, irregular — comme « illégal », « immature », « irrégulier ».
dis-faire le contraire ; dé-, dis-disagree, dislike, disappear, dishonest
Disappear a le même dis- que « disparaître ». Ailleurs, le français dit autre chose : dishonest, « malhonnête » ; et disagree ou dislike se rendent par une tournure : « ne pas être d’accord », « ne pas aimer ».
non-non, sans jugementnon-smoking, non-profit, non-stop
non- nie sans juger ; un- ajoute souvent une nuance : a non-standard answer est simplement différente, an unusual answer attire l’attention. Le français connaît le même « non » : « non-fumeur », « non lucratif ».
-lesssanshomeless, useless, careless, endless
Le français n’a pas de suffixe pour cela ; il dit « sans » ou passe par « in- » : homeless, « sans-abri » ; useless, « inutile » ; endless, « interminable ». C’est souvent le contraire de -ful : useful et useless, careful et careless.

Les préfixes qui ajoutent quelque chose

De nouveau, avant, après, à travers, contre, soi-même.

ÉlémentSensExemples
re-de nouveau ; re-rewrite, rebuild, reopen, replace
Comme le « re- » français : rebuild, « reconstruire ». Mais l’anglais ne met jamais d’accent et ne contracte pas : rewrite, « réécrire » ; reopen, « rouvrir ».
pre-avant ; pré-prepay, preview, prehistoric, preheat
Le « pré- » français, sans l’accent : preheat, « préchauffer » ; prehistoric, « préhistorique ». Preview, en revanche, se traduit sans préfixe : un « aperçu ».
over-trop ; sur-overcook, overpay, oversleep, overestimate
Le français dit « sur- » dans une partie des cas (overestimate, « surestimer ») et « trop » dans les autres (overcook, « trop cuire »). Oversleep ne veut pas dire « trop dormir », mais ne pas se réveiller à l’heure prévue.
under-pas assez, en dessous ; sous-underpaid, underground, underestimate
Correspond presque toujours à « sous- » : underestimate, « sous-estimer » ; underpaid, « sous-payé ». Mais l’anglais écrit en un seul mot ce que le français écrit avec un trait d’union. À Londres, the Underground est le métro.
mis-mal, par erreurmisunderstand, misread, mislead, misspell
Le français dit surtout « mal » : misread, « mal lire » ; misunderstand, « mal comprendre ». Le « mé- » français a la même idée, mais dans peu de mots : misadventure, « mésaventure ». Mislead veut dire « induire en erreur ».
inter-entre ; inter-international, interact, intervene
Le même « inter- » qu’en français, et les mots se lisent presque seuls : international ; intervene, « intervenir ».
co-avec, ensemble ; co-cooperate, co-author, coexist
Le « co- » français : « coopérer », « coexister ». L’anglais met souvent un trait d’union : co-author, « coauteur ».
self-soi-même, tout seul ; auto-self-service, self-employed, self-taught, self-catering, self-confidence
Le français dit « auto- » et écrit tout en un mot : « autodidacte », self-taught. L’anglais garde le trait d’union, même dans les mots courants ; il ne disparaît que là où self- s’est fondu dans le mot : selfish, selfless. Et self-service se dit « libre-service ».
post-après ; post-post-war, post-industrial, postgraduate, post-mortem
Le contraire de pre- : qui connaît l’un peut deviner l’autre. Là où l’anglais dit post-war, le français préfère souvent « après- » : « l’après-guerre ».
cross-à travers une frontière ; trans-cross-border, cross-check, cross-reference, cross-country
Là où le français dit « trans- », l’anglais dit souvent cross- : cross-border, « transfrontalier ». Cross-check se traduit par « recouper ».
out-plus, plus longtemps ou plus loin qu’un autreoutlive, outlast, outrank, outnumber, outgrow
Impossible à deviner : outlive ne veut pas dire « vivre dehors », mais « vivre plus longtemps que ». Le français n’a pas de préfixe pour cela et passe par « plus que » ou « dépasser » : outnumber, « être plus nombreux que ». Dans outside, outcome et output, out- est tout autre chose.
anti-contre ; anti-antifreeze, anti-theft, antibiotic, anticlockwise
Comme en français, mais l’anglais met souvent un trait d’union là où le français écrit tout attaché : anti-theft, « antivol ». Ce n’est pas non- : an anti-war film est contre la guerre. Anticlockwise est britannique ; les Américains disent counterclockwise.

Les suffixes qui font des noms

Reconnaître un nom avant de savoir ce qu’il veut dire.

ÉlémentSensExemples
-tionnom tiré d’un verbe ; -tioninformation, decision, production, connection
C’est le « -tion » français, souvent lettre pour lettre : information, production. Attention à l’orthographe : connection garde -ction là où le français écrit « connexion ».
-mentnom tiré d’un verbe (le résultat)agreement, payment, movement, improvement
Le français a aussi des noms en « -ment » (movement, « mouvement » ; payment, « paiement »), mais chez lui la même finale fait aussi des adverbes. En anglais, jamais : -ment ne fait que des noms ; l’adverbe, c’est -ly.
-nessnom tiré d’un adjectif (la qualité)darkness, happiness, illness, kindness
Le français répartit ce travail entre « -té », « -esse » et « -eur » (« obscurité », « gentillesse », « douceur ») ; l’anglais colle -ness à presque n’importe quel adjectif : dark, darkness ; kind, kindness. Après un -y, on écrit -iness : happy, happiness.
-itynom tiré d’un adjectif (l’état) ; -itéability, possibility, quality, safety
C’est le « -ité » français, et la correspondance marche très souvent : « possibilité », possibility ; « université », university. À savoir : safety et security se disent tous deux « sécurité » ; safety protège des accidents et des dangers, security des vols et des attaques.
-erla personne ou la chose qui le faitteacher, writer, printer, employer
Même idée que le « -eur » français : employer, « employeur ». Elle existe une seconde fois, écrite -or (voir plus bas), et rien ne permet de deviner laquelle prend un mot.
-eela personne qui subit l’actionemployee, trainee, interviewee
Ce suffixe vient du participe passé français en « -é », et il fonctionne pareil : employee, « employé ». La paire employer/employee, c’est « employeur »/« employé » : -er agit, -ee subit.
-shipétat ou relationfriendship, membership, relationship
Rien à voir avec ship, « navire ». Le français n’a pas de suffixe correspondant et emploie des mots différents : friendship, « amitié » ; membership, « adhésion ».
-ingl’activité, employée comme nombuilding, meeting, training, reading
Attention aux mots en -ing que le français a empruntés et dont le sens a changé en route : un « parking » se dit en anglais britannique a car park (parking, c’est l’action de se garer), et le « footing » est du jogging. Pour nommer l’activité, le français passe souvent par l’infinitif : Reading is important, « Lire, c’est important ».
-orcomme -er, avec une autre orthographeactor, editor, auditor, supervisor, conductor
Pas de règle fiable, seulement une tendance : -or se trouve sur des radicaux latins, surtout après -ate, -ct et -it (educator, actor, editor). Le français écrit souvent « -eur » à la même place : « acteur », « superviseur ». Deux pièges : editor est un « rédacteur », l’éditeur étant the publisher ; et conductor est le chef d’orchestre, le conducteur étant the driver.
-ance / -encenom tiré d’un verbe ou d’un adjectif (action ou qualité)difference, appearance, acceptance, dependence, allowance
Le français aide, car il a les mêmes finales, souvent avec la même voyelle : « différence », difference ; « apparence », appearance. Mais pas toujours : « dépendance » s’écrit en anglais dependence. La terminaison ne dit à coup sûr qu’une chose : c’est un nom.
-agele résultat ou la quantité d’une actioncoverage, blockage, storage, shortage, breakage
Le suffixe vient du français, et certains mots se ressemblent : blockage, « blocage ». Mais en anglais il s’attache aussi à des radicaux germaniques sans équivalent : shortage, de short, c’est une « pénurie ». Et il se prononce à l’anglaise, comme dans village.
-ery / -ryle lieu où l’on fabrique — ou la disciplinebakery, brewery, foundry, chemistry, forestry
Au sens de lieu, c’est le « -erie » français : bakery, « boulangerie ». Mais une brewery n’est qu’une fabrique de bière, jamais un restaurant comme une « brasserie ». L’autre sens est une discipline entière : chemistry, « chimie » ; forestry, « sylviculture ».

Les suffixes qui font des adjectifs

Plein de quelque chose, qui s’y rapporte, qu’on peut faire.

ÉlémentSensExemples
-fulplein deuseful, careful, helpful, powerful
Toujours un seul l, jamais deux, contrairement au mot full. Le français passe par d’autres suffixes ou d’autres mots : careful, « prudent » ; powerful, « puissant ».
-ablequ’on peut faire ; -able, -iblereadable, washable, comfortable, reliable
Le même suffixe qu’en français, mais l’anglais le colle aussi à des verbes germaniques : readable, washable. Le français a parfois besoin d’un autre radical : readable, c’est « lisible » ; reliable, « fiable ».
-ivequi a cette qualité ; -if, -iveactive, creative, expensive, effective
C’est le « -if, -ive » français, mais l’anglais ne l’accorde jamais : an active man, an active woman. Piège : expensive veut dire « cher », pas « expansif ».
-alqui appartient à, qui concerne ; -al, -elnational, personal, musical, central
Souvent le même mot qu’en français. Là où le français écrit « -el », l’anglais écrit -al : « personnel », personal ; « naturel », natural. Et personnel, en anglais, désigne le personnel d’une entreprise.
-ousmarqué par ; -euxdangerous, famous, nervous, generous
Le « -eux » français devient -ous : « dangereux », dangerous ; « généreux », generous ; « nerveux », nervous. Famous se traduit plutôt par « célèbre » que par « fameux ».
-yqui a ce caractèrerainy, noisy, sleepy, salty
S’ajoute à des noms courants : rain, rainy ; salt, salty. Le français dit souvent « -eux » (« pluvieux ») ou passe par une tournure : I’m sleepy, « j’ai sommeil ».
-icrelatif à une discipline ; -iqueeconomic, electric, basic, specific
Le « -ique » français, raccourci : « basique », basic ; « électrique », electric. Attention à une paire : economic veut dire « qui concerne l’économie », economical « qui fait faire des économies » ; en français, les deux sont « économique ».

Les suffixes qui font des verbes

D’un état, on fait une action.

ÉlémentSensExemples
-ise / -izetransformer en ; -iserorganise, modernise, apologise, realise
C’est le « -iser » français : « organiser », « moderniser ». En anglais britannique on écrit -ise, en américain -ize ; les deux sont justes, mieux vaut ne pas les mélanger. Realise veut dire « se rendre compte » ; pour « réaliser un projet », l’anglais dit carry out.
-enfaire devenirshorten, widen, strengthen, darken
L’anglais ajoute simplement -en à l’adjectif : short, shorten ; wide, widen. Le français fait le même travail, souvent avec un préfixe et « -ir » : « raccourcir », « élargir », « assombrir ».
-ifytransformer en, dans un registre plus soutenu ; -ifiersimplify, clarify, identify, justify
Presque toujours le « -ifier » français : simplify, « simplifier » ; justify, « justifier » ; identify, « identifier ».

Le suffixe qui fait des adverbes

Un seul — et le plus régulier de tous.

ÉlémentSensExemples
-lyfait d’un adjectif un adverbe ; -mentslowly, quietly, carefully, separately, differently
C’est le « -ment » français, mais l’anglais y tient davantage : là où le français dit « avec soin », l’anglais dit carefully. Après un -y, on écrit -ily : happy, happily. Quelques mots trompent : hardly veut dire « à peine », lately « ces derniers temps ». Et friendly ou lovely sont des adjectifs, malgré leur -ly.

À vous d’essayer