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L’italien : un petit portrait
Une langue née à Florence avec Dante : d’où vient l’italien, ses dialectes, ses mots voyageurs et ce qui étonne un francophone.
- Famille
- Indo-européenne, branche romane
- Écriture
- Alphabet latin, 21 lettres de base
- Langue officielle en
- Italie, Saint-Marin, Suisse, Cité du Vatican
- Base de la langue
- Le toscan de Florence
- Proches parents
- Corse, sicilien, espagnol, français
- Particularité
- Les consonnes doubles se prononcent
D’où elle vient
L’italien est une langue romane : il descend du latin parlé, celui de la rue et non celui des livres. De toutes les grandes langues romanes, c’est souvent celle qui a gardé les mots les plus proches du latin : notte, la nuit, vino, le vin, libro, le livre.
Après la chute de Rome, le latin parlé a évolué différemment dans chaque région de la péninsule. Il en est sorti des dizaines de parlers, que l’on appelle en Italie des dialetti. L’italien standard est l’un d’eux, celui de la Toscane, devenu au fil des siècles la langue commune.
Son histoire en quelques étapes
Parmi les premiers textes clairement écrits en langue vulgaire italienne figurent des actes juridiques du Xe siècle, les placiti cassinesi, où des témoins déclarent à qui appartiennent des terres.
Le tournant arrive au XIVe siècle. Trois écrivains florentins écrivent en toscan plutôt qu’en latin : Dante avec la Divina Commedia, puis Pétrarque et Boccace. Leur prestige est tel que leur langue devient le modèle de l’italien écrit. Au XVIe siècle, des lettrés en font la règle, et l’Accademia della Crusca, fondée à Florence, publie en 1612 un grand dictionnaire.
Pourtant, quand l’Italie devient un seul État, en 1861, seule une petite minorité parle l’italien au quotidien ; les autres parlent leur dialecte. L’école obligatoire, le service militaire, les migrations internes, puis la radio et surtout la télévision, à partir des années 1950, ont fini par faire de l’italien la langue de tous.
Où on la parle aujourd’hui
L’italien est la langue officielle de l’Italie et de Saint-Marin, l’une des langues nationales de la Suisse — dans le Tessin et une partie des Grisons — et la langue de travail de la Cité du Vatican. On l’entend aussi dans les grandes communautés d’origine italienne d’Argentine, des États-Unis, d’Australie ou de Belgique.
Les dialectes sont encore bien vivants, surtout en famille et dans le Sud et le Nord-Est. Le napolitain, le sicilien ou le vénitien sont si différents de l’italien standard qu’un Italien d’une autre région ne les comprend pas toujours. Le sarde est même reconnu comme une langue à part.
Même en italien standard, l’accent régional s’entend tout de suite : un Milanais et un Romain ne prononcent pas les voyelles de la même façon. Ne t’en inquiète pas : on te comprendra partout.
L’écriture
L’italien s’écrit avec l’alphabet latin. Il n’utilise vraiment que 21 lettres : j, k, w, x et y n’apparaissent que dans des mots étrangers, comme jeans ou taxi.
L’orthographe est très proche de la prononciation. Quelques combinaisons sont à connaître : ch se lit « k », comme dans chiesa, l’église ; c devant e et i se lit « tch », comme dans ciao ; gn se prononce comme en français, gnocchi ; et gli donne un son mouillé proche de « lli ».
L’accent écrit n’apparaît en général que sur la dernière syllabe : città, perché, caffè. Il peut changer le sens : e, c’est « et », mais è, c’est « est ».
Des mots qui voyagent
À la Renaissance, quand l’Italie était le centre des arts, de la banque et de la guerre, le français lui a emprunté des centaines de mots. « Banque » vient de banca, le banc du changeur, « balcon » de balcone, « soldat » de soldato, « concert » de concerto.
La musique parle italien dans le monde entier : piano, allegro, soprano, opera. La cuisine aussi, de la pizza aux spaghettis. Dans l’autre sens, l’italien a pris au français des mots comme garage, dessert ou toilette, et aujourd’hui beaucoup à l’anglais : weekend, computer.
Ce qui surprend un francophone
Les consonnes doubles se prononcent vraiment, plus longues, et elles changent le sens : caro, cher, et carro, chariot ; pala, pelle, et palla, ballon. Toutes les voyelles se prononcent aussi, même à la fin du mot.
Pour vouvoyer, l’italien emploie Lei, c’est-à-dire « elle », avec le verbe à la troisième personne : Come sta?, comment allez-vous ? Cela semble étrange au début, puis devient naturel.
Bonne nouvelle : beaucoup de choses fonctionnent comme en français, par exemple le passé composé avec essere ou avere. Mais méfie-toi des faux amis. fermarearrêtersaliremontercamerachambre