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Apprendre le japonais : questions fréquentes

36 questions qu’on se pose vraiment en apprenant la langue, avec des réponses qui se suffisent à elles-mêmes. Là où il y a davantage à dire, le lien vient en dessous — pas à la place de la réponse.

Commencer

Par où commencer, combien de temps cela prend, quel japonais apprendre et ce que signifient les niveaux.

Comment commencer à étudier le japonais ?

Par trois choses qui se recouvrent au lieu de se suivre. D’abord les hiragana, parce qu’ils écrivent tous les sons de la langue et toute sa grammaire ; tout de suite après, les katakana. À côté, dès la première semaine, des phrases entières au style poli — 私(わたし)はマリアです。フランスから来(き)ました。 — que les furigana te laissent lire avant de connaître un seul kanji. Et avec les phrases, les premiers mots et les particules は, を, に et で, qui font le travail que font en français les prépositions et l’ordre des mots. Qui n’étudie que les écritures n’a rien à dire ; qui les saute ne peut rien lire.

La grammaire, niveau par niveau

Que signifient N5, N4 et N3 sur ce site ?

Ce sont les marches d’une échelle que ceux qui étudient le japonais emploient souvent pour décrire leur niveau, de N5, la première, à N1, la plus haute ; cette version du site va jusqu’à N3. Le site n’a aucun lien avec ceux qui organisent ou corrigent des examens. Pour ces marches, il n’existe pas de listes officielles de mots, de kanji ni de grammaire, si bien que la place d’un mot ou d’un thème est un jugement de ce site, avec un critère déclaré : non pas à quel point une chose paraît difficile, mais depuis quand on ne peut plus s’en passer. 冷蔵庫(れいぞうこ), le réfrigérateur, a trois kanji et se trouve en N5, parce que toute cuisine en a un. À titre d’orientation seulement, N3 correspond à peu près au niveau B1 de l’échelle européenne en lecture et en compréhension orale ; une équivalence officielle entre les deux échelles n’existe pas.

Les niveaux du site

Pourquoi cette version s’arrête-t-elle à N3 ?

Parce que N3 est le point où le japonais cesse d’être une langue de survie : on raconte ce qui s’est passé, on explique pourquoi, on donne un conseil, on lit un avis ou un message sans aide à chaque ligne. C’est le but pour lequel cette paire a été construite, et il vaut mieux le couvrir bien que d’aller plus haut avec des explications écrites à la hâte. Ce qui vient après — beaucoup plus de composés de kanji, des styles écrits, la presse — est une matière que le site pourra ajouter plus tard.

Ce que couvre chaque niveau

Le japonais est-il difficile pour un francophone ?

Il est long plus que difficile, et la longueur est à des endroits précis. La prononciation est l’un des rares cadeaux : cinq voyelles pures, des syllabes ouvertes, pas de « e muet ». Une exception de taille : le r de la gorge, qu’il faut remplacer par un coup de langue. La grammaire est plus régulière que la française : deux seuls verbes vraiment irréguliers, する et 来(く)る, et aucune terminaison de personne ni de nombre — pas de « je vais, tu vas, ils vont ». Ce qui prend du temps, c’est ce que le français ne peut pas prêter : presque aucun mot en commun, l’ordre de la phrase retourné, une écriture qui s’apprend caractère par caractère et les niveaux de politesse. Rien n’est hors de portée ; c’est simplement une langue où l’on n’avance pas par ressemblance.

Les groupes de verbes et les deux irréguliers

Combien de temps faut-il pour apprendre le japonais ?

Un chiffre honnête en heures n’existe pas : il dépend de ce que tu sais déjà, de combien tu t’exerces et de ce que tu entends par « l’avoir appris ». Mais trois choses se disent. Les premières semaines vont aux écritures, donc le début paraît plus lent qu’avec l’espagnol ou l’italien — et c’est du temps bien employé, parce que dès lors les phrases se lisent au lieu de se deviner. Parler et comprendre vont souvent plus vite que lire, parce que les kanji continuent d’arriver mot à mot pendant longtemps. Et un peu chaque jour vaut mieux que beaucoup de temps en temps, surtout pour les kanji, qui s’effacent si on ne les révise pas. Mesure tes progrès à ce que tu sais faire — commander au restaurant, comprendre un avis en gare — et non au calendrier.

Le chemin d’étude

Quel japonais faut-il apprendre — et les dialectes ?

Le japonais standard, fondé sur le parler de Tokyo : c’est celui des journaux télévisés, des livres et de tous les documents, et on le comprend dans tout le pays. Les parlers régionaux changent pas mal de choses — mots, terminaisons des verbes, intonation — un peu comme les accents et les parlers régionaux de France, et le plus connu est celui du Kansai, la région d’Osaka et de Kyoto, avec ほんま pour « vraiment », あかん pour « ça ne va pas » et めっちゃ pour « très ». Avec des inconnus, celui qui vient d’une région tend à se rapprocher du standard, et d’un étranger personne n’attend le dialecte. Apprends le standard et prends les mots locaux de l’endroit où tu vis.

Kana et kanji

Les trois écritures, les lectures des kanji et comment on écrit le japonais avec un clavier.

Vaut-il mieux commencer par les hiragana ou par les kanji ?

Par les hiragana, puis les katakana, et seulement après les kanji de façon ciblée. Les hiragana écrivent tous les sons du japonais et toute sa grammaire — particules, terminaisons, les petits mots de tous les jours — et dès que tu les lis, chaque phrase de ce site est ouverte, les furigana faisant le reste. Les katakana viennent aussitôt après, parce qu’ils écrivent les mots empruntés que tu croises sur chaque carte de restaurant et chaque panneau. Ce sont deux petits travaux, bien bornés. Les kanji sont le contraire : ils arrivent et continuent d’arriver, et s’apprennent mieux dans les mots que tu étudies de toute façon, non comme une liste à part. 駅(えき), la gare, mérite d’être apprise tout de suite avec son kanji, parce que tu la verras sur chaque quai.

Les hiragana, le syllabaire de base

Faut-il vraiment apprendre les kanji ?

Pour parler, non ; pour lire, oui. Certains conversent en japonais sans savoir lire une ligne, parce que les kanji sont une manière d’écrire la langue et non une partie de sa grammaire. Mais le japonais adulte s’écrit avec eux, et les kana seuls ne sont pas une vraie solution : il n’y a pas d’espaces entre les mots, donc une phrase tout en hiragana devient une seule bande, et beaucoup de mots sonnent pareil — 科学(かがく), la science, et 化学(かがく), la chimie, ne se distinguent que sur le papier. La façon de s’en sortir est de les apprendre dans les mots, de les reconnaître avant d’essayer de les écrire et de te laisser porter par les furigana jusqu’à ce que tu n’en aies plus besoin.

Les kanji et leurs lectures

Pourquoi un kanji a-t-il plusieurs lectures ?

Parce que le japonais a pris les caractères à la Chine sans jeter ses propres mots. Chaque kanji a donc normalement une lecture japonaise, appelée kun, qu’il emploie seul ou avec une terminaison en hiragana — 山(やま), la montagne — et une ou plusieurs lectures d’origine chinoise, appelées on, qu’il emploie dans les composés — 富士山(ふじさん), le mont Fuji. C’est comme si, en français, « eau » et « aqua- » de « aquatique » s’écrivaient avec le même signe. N’apprends pas les lectures par cœur comme une liste : apprends-les dans les mots, et au bout d’un moment tu devineras toi-même la lecture d’un composé nouveau.

Lectures on et kun

Qu’est-ce que les furigana et comment les enlever ?

Les furigana sont les petits kana écrits au-dessus d’un kanji pour dire comment il se lit. Les livres pour enfants les emploient partout, les textes normaux seulement pour les caractères rares et les noms peu courants. Sur ce site, chaque kanji de chaque phrase japonaise en porte, si bien que rien n’attend que tu connaisses les caractères. Pour les enlever, appuie sur le bouton « Furigana » en haut de la page ; appuie encore pour les remettre. Le navigateur retient le choix sur cet appareil, donc il reste d’une page à l’autre. Une habitude utile : lis d’abord la phrase sans furigana et allume-les seulement pour vérifier. Lire un kanji par toi-même est ce qui le fixe ; regarder la réponse à chaque fois, non.

Comment se lisent les kanji

À quoi servent les katakana ?

Surtout aux mots pris à d’autres langues — コーヒー, le café, パン, le pain, アルバイト, le petit boulot — et aux noms étrangers, le tien compris, puis aux onomatopées, aux noms scientifiques de plantes et d’animaux et à tout ce qu’on veut mettre en relief, comme l’italique ou les majuscules en français. Ils ont les mêmes sons que les hiragana avec des formes plus anguleuses, plus un trait ー qui allonge la voyelle. Apprends-les tôt : c’est l’écriture des cartes de restaurant, des enseignes et des produits, et un nom comme Marie devient マリー.

Les katakana, le syllabaire anguleux

Peut-on apprendre le japonais avec le rōmaji ?

Seulement les premiers jours et pour écrire au clavier. Le rōmaji, c’est-à-dire le japonais en lettres latines, est commode pour expliquer un son, et ce site l’écrit sous les mots pour t’aider à les prononcer. Mais comme manière de lire, il ne mène pas loin : le japonais ne s’écrit pas ainsi, les systèmes ne coïncident pas entre eux (tsu ou tu, ō ou ou), et pour un francophone il y a des pièges en plus — le h se prononce, alors qu’il est muet en français ; le u se dit « ou » et non comme dans « tu » ; ou écrit un o long et non « ou » ; le g est toujours celui de « gare », même devant i et e (gi se dit « gui ») ; le j de ji sonne plus dur que le « j » de « jour » ; et le s entre deux voyelles reste un « s », sans devenir « z » comme dans « rose ». Les hiragana ne coûtent pas beaucoup plus, et dès que tu les lis, le rōmaji ne fait que te freiner.

Les hiragana, le syllabaire de base

Comment écrit-on en japonais sur l’ordinateur et le téléphone ?

Avec une méthode de saisie, que tout ordinateur et tout téléphone d’aujourd’hui a déjà : ajoute le japonais parmi les claviers dans les réglages. Puis tu tapes les sons en lettres latines, le système les convertit en hiragana pendant que tu tapes, la barre d’espace propose les graphies en kanji et Entrée confirme. Si tu tapes nihongo, il sort にほんご, et la barre le convertit en 日本語(にほんご). Il faut vite connaître quelques touches : nn pour ん devant une voyelle, la consonne doublée pour le petit っ (kitte donne きって), wo pour la particule を et le trait d’union pour le signe d’allongement ー. Il y a un effet secondaire utile : les bons kanji n’apparaissent que si tu as tapé le mot exact, si bien que le clavier vérifie en silence si tu sais que おばあさん, la grand-mère, a une voyelle longue et おばさん, la tante, non.

La durée qui change le sens

Sans espaces, comment savoir où finit un mot ?

Surtout par le changement d’écriture. Les kanji portent les mots pleins et les hiragana la grammaire autour, si bien que dans 私(わたし)は毎朝(まいあさ)駅(えき)まで歩(ある)きます l’œil reconnaît les mots pleins à leur forme, et les particules は et まで marquent les jointures. Les katakana ressortent de la même façon. C’est une raison de plus pour laquelle les kanji aident au lieu de gêner, et c’est pourquoi les livres pour les tout-petits, écrits presque tout en kana, mettent les espaces que le texte adulte n’emploie pas. La virgule japonaise 、 tombe là où celui qui lit ferait une pause, et non là où la grammaire française la mettrait.

Ponctuation et mise en page

Dois-je savoir écrire les kanji à la main ?

Cela dépend de ce dont tu as besoin, et c’est une décision qu’on peut remettre à plus tard. Beaucoup d’écriture courante au Japon passe par un clavier ou un téléphone, et l’on peut lire, écrire et vivre avec la seule reconnaissance. Mais écrire à la main fait deux choses : elle t’oblige à regarder d’assez près pour distinguer des caractères voisins — 待(ま)つ et 持(も)つ, 右(みぎ) et 石(いし) — et elle aide beaucoup de gens à retenir. Si tu écris, apprends l’ordre des traits dès le début : ce n’est pas une formalité, c’est ce qui rend l’écriture lisible et ce qui permet à la recherche à main levée de trouver un caractère que tu ne sais pas taper.

Les kanji : comment ils sont faits et lus

Grammaire

Les points où le japonais déroute le plus souvent un francophone — politesse comprise.

Pourquoi le verbe est-il à la fin de la phrase ?

Parce qu’en japonais ce qui régit vient toujours après ce qui est régi : le verbe après le complément, la particule après le nom, la proposition relative avant le nom qu’elle décrit. パンを食(た)べます est « pain-complément je mange ». Le reste de la phrase peut se déplacer assez librement, parce que ce sont les particules qui disent qui fait quoi, non la position — un peu comme les terminaisons du latin. Le verbe, lui, reste à la fin, et avec lui la négation, le temps et la politesse : en japonais, on ne sait si la réponse est oui ou non qu’à la dernière syllabe, donc écoute jusqu’au bout.

La particule du complément

Quelle différence entre は et が ?

は annonce de quoi on parle — « quant à… » — et ce qui suit est la nouveauté. が marque le sujet quand la nouveauté est justement le sujet. 田中(たなか)さんは先生(せんせい)です parle de Tanaka et dit ce qu’il est ; 田中(たなか)さんが先生(せんせい)です répond à « qui est le professeur ? » — c’est Tanaka, et non un autre. Le français fait quelque chose de proche avec « Tanaka, il est professeur » face à « c’est Tanaka qui est le professeur ». Pour commencer, trois points suffisent : les mots interrogatifs prennent が et jamais は ; dans une proposition relative, le sujet prend が ; et avec des verbes comme 好(す)き et わかる, la chose qu’on aime ou qu’on comprend prend が.

La particule du thème et celle du sujet

Dois-je parler poliment ou simplement ?

Au début poliment, avec です et ます, avec tout le monde. C’est le style qu’on emploie avec ceux qu’on ne connaît pas, avec les collègues et dans les magasins, et personne ne prend un étranger pour quelqu’un de froid pour cela. Le style simple — 行(い)く au lieu de 行(い)きます — est pour les amis, la famille et les plus jeunes, un peu comme le « tu » face au « vous », avec une différence : en japonais, il n’est pas dans le pronom mais dans la fin du verbe, et il change à chaque phrase. Passe au style simple quand l’autre le fait avec toi. Et apprends quand même les deux formes ensemble, parce que la simple est nécessaire à l’intérieur de beaucoup de constructions, même quand on parle poliment.

Le style simple et le style poli

Qu’est-ce que le keigo et en ai-je besoin ?

Le keigo est le langage honorifique : des verbes et des formes spéciales qui élèvent l’interlocuteur ou rabaissent soi-même et son groupe. いらっしゃいます au lieu de います pour un client, 参(まい)ります au lieu de 行(い)きます pour toi face à un client. Pour parler avec les gens de tous les jours, on n’en a pas besoin de sitôt : le style avec です et ます suffit longtemps. Mais il faut vite le comprendre, parce que c’est ce que tu entendras dans les magasins, en gare et au téléphone. Ce site l’introduit en N4 et N3, dans les formes qu’on rencontre vraiment.

Le langage honorifique

Pourquoi le japonais laisse-t-il de côté « je » et « tu » ?

Parce que ce qui est clair par le contexte ne se répète pas — ce que le français, lui, ne fait presque jamais : il exige un sujet devant le verbe, « je vais », « il pleut », même quand on voit très bien de qui il s’agit. Le japonais va dans l’autre sens, et le verbe n’a pas de terminaisons de personne : 行(い)きます peut être « je vais », « tu vas » ou « nous allons », et c’est la situation qui décide. S’adresser à quelqu’un avec あなた, « tu », sonne souvent trop direct : on emploie le nom avec さん, même en parlant à cette personne. Le sujet se dit quand il le faut vraiment — par contraste, pour ouvrir un propos, pour éviter un malentendu.

Dire ce qu’est une chose

Le japonais a-t-il pluriel, articles et futur ?

Non, non, et pas comme forme propre. 本(ほん) est « livre », « le livre », « un livre » et « des livres » ; lequel des quatre, c’est le contexte qui le dit, ou un nombre avec son classificateur. Il n’y a rien qui corresponde à « le » ou « un », et la différence entre le connu et le nouveau, c’est は et が qui la font. Le verbe a une forme pour le passé et une pour tout le reste : 行(い)きます signifie « je vais » et aussi « j’irai », et le futur est marqué par des mots comme 明日(あした), demain. Pour un francophone, habitué à accorder articles, noms et adjectifs en genre et en nombre et à conjuguer chaque verbe dans une douzaine de temps, c’est plus un soulagement qu’une difficulté.

Le présent poli

Qu’est-ce que la forme en -te et pourquoi est-elle partout ?

C’est la forme du verbe qui se termine par て ou で — 食(た)べて, 飲(の)んで — et par elle-même elle n’a pas de temps : elle relie. Elle enchaîne deux actions (« je mange et ensuite je sors »), demande quelque chose avec ください (« mange, s’il te plaît »), dit ce qui est en cours avec いる, demande ou donne une permission avec もいい, et régit des dizaines de constructions de plus. C’est pourquoi il faut bien l’apprendre et tôt : c’est le point où se rencontrent le plus de familles de verbes, et presque tout ce qui vient après N5 la présuppose.

Comment se forme la forme en -te

Pourquoi y a-t-il quatre façons de dire « si » ?

Parce que le japonais sépare des choses que le français met toutes sous « si » (ou « quand »). と dit ce qui suit toujours, comme une loi : appuie ici et ça s’ouvre. ば met l’accent sur la condition : il suffit que… たら est le plus large, vaut presque toujours et signifie aussi « quand » ou « une fois que ». なら reprend ce qu’a dit l’autre : « si c’est comme ça, alors… ». Pour commencer, たら te mène presque partout ; les différences entre les trois autres viennent avec la pratique.

Choisir le conditionnel

Que font ね et よ à la fin de la phrase ?

Ils disent comment la phrase arrive à l’autre, non ce qu’elle dit. ね cherche l’accord — « n’est-ce pas ? », « hein ? » : 暑(あつ)いですね, il fait chaud, hein ? よ apporte une information que l’autre n’a pas : 雨(あめ)ですよ, tiens, il pleut. Le français fait la même chose avec « n’est-ce pas ? », « hein », « tu sais », « je te dis » ou avec l’intonation. Bien les employer donne vie au japonais ; abuser de よ peut sonner insistant, comme quelqu’un qui dirait « je te dis » à chaque phrase.

Les particules de fin de phrase

Pourquoi y a-t-il des verbes différents pour donner et recevoir ?

Parce qu’en japonais, le verbe dit aussi dans quelle direction va le service par rapport à toi. あげる est donner de ton côté vers les autres ; くれる est donner des autres vers toi ou ta famille ; もらう est recevoir, vu par celui qui reçoit. En français, « il m’a donné » et « je lui ai donné » emploient le même verbe, et la direction est marquée par les pronoms « me » et « lui » ; ici c’est le verbe qui la marque. Et les mêmes trois verbes, joints à la forme en -te, disent qui a rendu service à qui : 教(おし)えてくれました est « il me l’a expliqué », avec un merci dedans.

Les verbes donner et recevoir

Pourquoi y a-t-il des mots différents pour compter les choses ?

Parce qu’en japonais un nombre ne se met presque jamais seul devant un nom : il faut un classificateur, qui change avec la forme de la chose. 本(ほん) pour les objets longs et fins, 枚(まい) pour les plats, 匹(ひき) pour les petits animaux, 人(にん) pour les personnes. Le français en a quelques traces — « deux feuilles de papier », « dix têtes de bétail », « une baguette de pain », « une paire de » — et le japonais en fait un système. Pour commencer, quelques-uns suffisent, plus la série ひとつ、ふたつ、みっつ, qui vaut pour presque toutes les choses quand tu ne connais pas le bon classificateur.

Nombres, classificateurs, heures et dates

Mots et sons

Quels mots d’abord, que faire des mots empruntés et comment les prononcer.

Quels mots japonais faut-il apprendre d’abord ?

Ceux sans lesquels un jour ne passe pas : salutations et formules fixes, les personnes, les nombres et l’heure, la nourriture et les boissons, les lieux de la ville, les verbes de tous les jours. Les listes de ce site sont ordonnées par thème et par niveau justement ainsi, et chaque mot a une phrase d’exemple. Apprends les mots avec un verbe ou une particule — 電車(でんしゃ)に乗(の)る, monter dans le train — et non seuls : en japonais, c’est souvent la particule qui change par rapport au français.

Les listes de mots

Combien de kanji faut-il ?

Pour la vie de tous les jours, il en circule quelques milliers, mais la bonne question n’est pas combien, mais lesquels et dans quels mots. Un kanji appris seul, avec une liste de lectures, s’oublie vite ; un kanji rencontré dans trois mots que tu emploies reste. Jusqu’à N3, ce site te présente les kanji dans le vocabulaire du niveau, et les furigana couvrent tout le reste, donc tu peux lire sans attendre de les savoir tous.

Les listes de mots

Puis-je employer des mots étrangers écrits en katakana ?

Parfois oui, mais ne compte pas dessus. Beaucoup de mots en katakana viennent de l’anglais, peu du français, et ont souvent changé de sens en route. マンション n’est pas un manoir mais un immeuble d’appartements, バイキング n’est pas un viking mais un buffet à volonté, et même les mots qui nous semblent connus prennent des chemins propres : パスタ oui, mais アルバイト vient de l’allemand et signifie petit boulot. Et la prononciation change tant que le mot de départ n’est souvent plus reconnaissable. Apprends-les comme des mots japonais, avec leur sens japonais.

Les mots empruntés qui disent autre chose

La prononciation japonaise est-elle difficile ?

Pour un francophone, elle est facile pour la moitié et piégeuse pour l’autre. Les cinq voyelles sont pures et sans glissement, les syllabes finissent presque toujours par une voyelle, et il n’y a ni voyelles nasales ni « u » ou « eu » arrondis à produire. Mais il y a quatre points. Le r n’est pas celui de la gorge : c’est un coup de langue léger. La durée des voyelles compte comme celle des consonnes doubles : おばあさん est une grand-mère, おばさん une tante, et きって face à きて se distinguent par une brève pause avant la consonne — des choses que le français ne distingue pas et qu’il faut entraîner à l’oreille. Les lettres qui trompent : le h se prononce, le g est toujours celui de « gare » et le u n’arrondit pas les lèvres. Et l’accent n’est pas de force mais de hauteur : toutes les syllabes durent pareil, sans allonger la dernière du groupe comme le fait le français.

Prononciation : les paires qui comptent

Pourquoi tant de mots japonais sonnent-ils pareil ?

Parce que le japonais a peu de sons distincts et a pris beaucoup de mots au chinois, qui en avait beaucoup plus : en passant au japonais, bien des syllabes chinoises différentes sont devenues identiques. こうこう peut être 高校(こうこう), le lycée, ou 孝行(こうこう), le respect des parents. À l’oral, le contexte aide et parfois l’intonation ; à l’écrit, les kanji les séparent. C’est l’une des raisons pour lesquelles les kanji ne sont pas un obstacle mais une clé.

Les kanji et leurs lectures

Que sont des mots comme ドキドキ et ぺこぺこ ?

Ce sont des mots qui imitent un son ou décrivent une sensation par un son, souvent répété : ドキドキ est le cœur qui bat fort d’émotion ou de peur, ぺこぺこ est la faim qu’on sent dans le ventre. Le français en a quelques-uns — « toc toc », « glou glou », « miam miam », « ronron » — le japonais en a des centaines et les emploie aussi dans la langue sérieuse, pour décrire comment quelque chose bouge, se sent ou paraît. Apprends-les une à une dans les phrases où tu les rencontres, car traduits mot à mot ils ne disent rien.

Les listes de mots

Comment arrêter de sonner traduit ?

En apprenant les formules toutes faites comme des blocs, sans les construire toi-même. よろしくお願(ねが)いします, お疲(つか)れさまです, いただきます n’ont pas d’équivalent français exact et ne se déduisent pas de la grammaire : elles se disent à un moment précis, et les taire sonne bizarre. Il en va de même pour les associations de mots : en japonais, le bain « s’entre » (お風呂(ふろ)に入(はい)る), il ne se « prend » pas, et un rhume se « tire » (風邪(かぜ)を引(ひ)く), il ne s’« attrape » pas. Écoute ce que disent les Japonais dans une situation et répète-le, au lieu de traduire ce que tu dirais toi.

Formules toutes faites et expressions

Ce site

D’où vient le matériel, pour qui il est et ce qu’il n’est pas.

Puis-je utiliser le site en partant de zéro ?

Oui. La grammaire commence par les hiragana et les katakana, chaque explication est écrite en français, chaque kanji de chaque phrase japonaise porte sa lecture, et chaque thème dit à quel niveau il appartient — tu peux donc rester en N5 jusqu’à te sentir sûr ou sûre de toi et continuer quand tu le seras. Pour commencer, il n’est pas nécessaire de connaître un seul kanji.

La grammaire, niveau par niveau

D’où vient le matériel de ce site ?

Chaque explication, phrase d’exemple, liste de mots et exercice a été écrit pour ce site, et les explications en français sont pensées pour un francophone, non traduites d’une autre langue. Rien ne vient d’un manuel, d’une grammaire, d’un dictionnaire, d’un paquet de fiches ni d’un autre site — pas même une liste de mots par niveau, car la sélection et l’ordre d’une liste sont eux aussi protégés. C’est pourquoi les niveaux des mots et des thèmes sont un jugement du site, et le disent.

Ce site prépare-t-il à un examen de japonais ?

Non, et c’est un fait, non de la modestie. Le site n’a aucun lien avec ceux qui organisent ou corrigent des examens, ne suit aucun programme officiel et ne promet rien sur un résultat. Il explique, donne des exemples et pose des questions. Ce que tu pratiques ici est la même langue que celle qu’on emploie partout ; mais si tu as besoin d’un certificat, c’est celui qui le délivre qui le donne, non ce site.